Tunisie: Un nouveau Chef de gouvernement bientôt nommé

Le président tunisien Kais Saïed a annoncé lundi qu’il nommerait bientôt un nouveau chef du gouvernement tout en gardant en place, les mesures d’exception qu’il avait décrétées le 25 juillet pour s’arroger les pleins pouvoirs.

«Ces mesures d’exception se poursuivront et un chef du gouvernement sera nommé mais sur la base de provisions de transition répondant à la volonté du peuple», a déclaré Saïed lors d’un discours retransmis par la télévision nationale depuis Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne de 2011.

Saïed a en outre annoncé qu’il allait faire adopter «une nouvelle loi électorale» sans en dévoiler les contours. Le 25 juillet, le président Saïed a limogé le Premier ministre, suspendu les activités du Parlement et s’est arrogé aussi le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable avant de prolonger ces mesures le 24 août dernier «jusqu’à nouvel ordre».

Théoricien du droit, Kais Saïed, a évoqué par la suite une révision à venir de la Constitution de 2014 qui a instauré un système hybride, ni présidentiel ni parlementaire, source de conflits récurrents entre les deux pouvoirs. Il s’est appuyé sur son article 80 qui envisage des mesures exceptionnelles en cas de «péril imminent» à la sécurité nationale, pour justifier les décisions prises le 25 juillet.

Nombre de Tunisiens les ont accueillies avec enthousiasme car, exaspérés par leur classe politique, ils attendent des actes forts contre la corruption et l’impunité dans un pays en graves difficultés sociales et économiques.

Le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, principal rival de Saïed et qui disposait du plus grand nombre de sièges dans le Parlement gelé, a exprimé «son rejet catégorique de toute suspension de l’application de la Constitution» ou «changement du système politique» en place dans le pays.

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