Rwanda : Les députés offrent la possibilité d’un troisième mandat au président Kagamé

kagame-possibilite-3eme-mandatLes députés rwandais ont adopté ce jeudi à l’unanimité un projet de réforme de la Constitution, ouvrant ainsi la voie à un troisième mandat du président Paul Kagame en 2017.

La réforme constitutionnelle doit à présent être adoptée par le Sénat avant d’être soumise à un référendum.

Paul Kagame, 58 ans, qui dirige le pays depuis 1994, a affirmé à plusieurs reprises ces derniers mois, qu’il ne briguerait un troisième mandat que s’il était plébiscité par son peuple.

Ce Jeudi, les députés ont modifié l’article 101 de la Constitution actuelle, datant de 2003. Aux termes de l’article modifié «le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans. Il ne peut être réélu qu’une seule fois », a déclaré à la presse la présidente de la chambre des députés, Donatille Mukabalisa, alors que l’ancienne mouture de la Constitution de 2003 prévoyait deux mandats de sept ans.

Mukabalisa précise qu’un article 172 apporte une nuance de taille, dans la mesure où il permet au président Paul Kagame, comme à tout autre candidat, d’être (ré)élu en 2017 pour un mandat de sept ans, puis par la suite, de briguer les deux mandats de cinq ans prévus par la Constitution révisée. Ce qui en théorie pourrait le maintenir au pouvoir jusqu’en 2034.

Mais la présidente de la chambre des députés, qui n’a pas rendu public le contenu du texte qui a été voté jeudi, a démenti le fait que l’article 172 ait été rédigé sur mesure pour le président Kagamé. « C’est pour tout candidat à la présidence de la République, et non uniquement pour le président Kagame », a-t-elle déclaré après le vote de cette chambre dominée exclusivement par le Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir et ses alliés.

Environ 3,7 millions de Rwandais avaient signé des pétitions lancées à travers le pays pour demander un maintien au pouvoir de M. Kagame, qui dirige le pays depuis que sa rébellion du FPR a chassé en juillet 1994 le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide déclenché au mois d’avril de la même année.

La réforme constitutionnelle est perçue par de nombreux observateurs comme une manœuvre orchestrée par le régime de Kigali, régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d’expression et son peu d’ouverture politique.

Seule formation politique du pays à s’opposer à un troisième mandat de Kagame, le petit Parti démocratique vert a vu sa requête rejetée début octobre par la cour suprême, estimant qu’aucun article de la Constitution n’était immuable.

Dans plusieurs pays voisins, notamment au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, les dirigeants sont accusés de vouloir contourner les lois en vigueur pour se maintenir au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles.

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