L’ex-président mauritanien Ould Abdel Aziz entendu par la police avant son éventuelle inculpation

L’ex-président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz et plusieurs hauts dirigeants de l’ancien régime, se trouvaient mercredi dans les locaux de la police à Nouakchott dans l’attente d’une éventuelle inculpation dans une vaste affaire de corruption.

Ce sont en tout une trentaine d’anciens collaborateurs et de personnages liés à l’ancien régime qui, après avoir été convoqués dans les locaux de la police placés sous haute surveillance, attendaient d’être conduits à tour de rôle auprès du procureur Ahmedou Ould Abdallah.

Parmi eux figurent deux anciens Premiers ministres, onze anciens ministres, plusieurs directeurs d’établissements publics et des hommes d’affaires. Des dizaines, «voire des centaines» de personnes sont concernées par ce dossier, a dit un responsable policier sans préciser si toutes seraient convoquées.

La justice est saisie depuis août 2020 du rapport d’une Commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des faits présumés de corruption et de détournements de fonds publics pendant les années de pouvoir de l’ex-président Ould Abdel Aziz (2008-2019).

Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire, Ould Abdel Aziz a été élu en 2009 et réélu en 2014 président de ce pays d’Afrique de l’Ouest de 4,5 millions d’habitants.

Il avait préparé le terrain à son ancien chef de cabinet et ministre, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour lui succéder en 2019. Sous la présidence de Ghazouani pourtant, Ould Abdel Aziz a perdu en décembre 2019 la direction de l’Union pour la République (UPR), parti qu’il a fondé.

En août 2020, il avait été retenu et interrogé pendant plusieurs jours par les policiers, et était ressorti privé de son passeport. Un juge doit se prononcer le 18 mars prochain sur le recours introduit par Ould Abdel Aziz contre l’interdiction qui lui a été signifiée de sortir de Nouakchott.

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