Football : La justice marocaine condamne une dizaine de supporters pour «outrage au drapeau national»

La justice marocaine a condamné ce mercredi 14 supporters à des peines de un à dix mois de prison pour avoir manifesté avec des drapeaux espagnols, fin septembre à Tétouan (nord), lors d’un match de leur équipe le Maghreb Athlétique de Tétouan (MAT), a indiqué leur avocat, Me Jabir Baba.

14 jeunes âgés de 18 à 23 ans ont été condamnés pour «outrage au drapeau national», «manifestation non autorisée» et «destruction de biens publics et privés», selon Me Jabir Baba, annonçant qu’il comptait faire appel.

Ces jeunes supporters du Moghreb de Tétouan, le club de football local, avaient été arrêtés après avoir brandi des drapeaux espagnols et crié des slogans comme  » Viva España « , pour protester contre la mort de Hayat, une étudiante originaire de leur ville, tuée par des tirs de la marine marocaine sur un bateau qui tentait de gagner clandestinement l’Espagne.

La mort de Hayat, étudiante en droit issue d’un milieu très modeste à Tétouan, avait suscité une vive émotion et des réactions d’indignation dans le royaume. La marine royale marocaine avait dit avoir visé l’embarcation en raison de ses «manœuvres hostiles».

Cinq mineurs, également poursuivis dans cette même affaire, seront entendus vendredi par un juge pour mineurs. Quatre autres supporters marocains, accusés d’avoir brandi le drapeau espagnol lors d’un match de football début octobre à Agadir (sud) ont finalement été disculpés lundi.

Toujours en lien avec cette affaire, un Marocain de 32 ans, interpellé début octobre après ce match, a été condamné à la mi-octobre à deux ans de prison ferme pour «outrage au drapeau national», «propagation de la haine» et «appel à l’insurrection civile», selon son avocat. Il avait notamment posté sur sa page Facebook un appel à manifester.

Les Marocains utilisent de plus en plus les stades comme des espaces de protestation. Une vidéo mise en ligne fin septembre sur Youtube montrait ainsi des milliers de supporters du Raja Casablanca chanter en fustigeant ceux qui ont «volé les richesses du pays».

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