Publié Le : mer, Jan 3rd, 2018

Burkina: Le chef de l’opposition entendu après une plainte contre le ministre de l’Intérieur

Le chef de l’opposition au Burkina Faso Zéphirin Diabré a été entendu mardi à la gendarmerie après avoir déposé une plainte «pour détention illégale d’armes à feu» contre le ministre de l’Intérieur, Simon Compaoré.

«J’ai reçu une convocation de la gendarmerie. On souhaitait m’entendre suite à ma plainte que j’ai déposée en mon nom et en celui de l’opposition contre le ministre Simon Compaoré», a dit M. Diabré après cinquante minutes d’audition au camp de la gendarmerie, accompagné de son avocat.

Le chef de l’opposition a, en effet, déposé fin octobre, une plainte suite à la diffusion d’une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, qui montrait le ministre Simon Compaoré, vêtu d’un gilet-pare-balles et portant une arme ressemblant à un fusil d’assaut kalachnikov au domicile d’un député de l’opposition. Ce député est un dissident qui a finalement quitté la formation politique de M. Diabré.

Selon l’opposition, le ministre Compaoré tenait à l’égard de Zéphirin Diabré «des propos insinuant son implication dans une supposée agression planifiée contre la famille » du député Ladji Coulibaly, faisant partie d’un groupe de quinze parlementaires de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), ayant annoncé leur départ du mouvement et leur volonté de constituer un nouveau groupe parlementaire.

«…Nous le savons tous, un civil ne doit pas se promener avec des armes de guerre. C’est la première motivation de la plainte (…) dans les propos qu’il tient ce jour-là, M. Compaoré fait état clairement de menaces à mon endroit en citant nommément mon nom», a déclaré M. Diabré, demandant des comptes au président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. Il a ajouté que l’opposition avait demandé que le ministre de l’Intérieur « soit déchargé de ses fonctions ».

Des militants de l’UPC avaient récemment menacé les députés rentrés en dissidence et M. Compaoré était venu rassurer ces élus quant à la protection des forces de l’ordre. De nombreux observateurs avaient vu dans cette scission la main du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), qui aurait ainsi cherché à diviser l’opposition.

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