Liberia-Présidentielle : La Cour suprême autorise la tenue du second tour sous certaines conditions

La Cour suprême du Liberia a autorisé ce jeudi la tenue du second tour de l’élection présidentielle, demandant en même temps, à la Commission électorale nationale (NEC) de réviser sérieusement les listes électorales, très critiquées.

«La NEC est dans l’obligation d’entamer l’organisation du second tour», les plaignants n’étant pas parvenus à prouver que les irrégularités constatées étaient d’une «ampleur» suffisante pour remettre en cause les résultats du vote au premier tour, selon l’arrêt lu par un des cinq juges, Philip Banks, adopté par quatre voix contre une.

Par cette décision, la plus haute juridiction du pays, rejette les recours de candidats arrivés derrière l’ex-star du foot George Weah au premier tour le 10 octobre. Elle avait dans un premier temps enjoint la NEC de statuer d’abord sur le recours du candidat arrivé en troisième position, avec 9,6% des voix, Charles Brumskine, auquel s’est joint Boakai.

La Commission électorale ayant rejeté le 24 novembre leur demande d’annulation du vote pour «des fraudes massives et des irrégularités flagrantes», arguant de «nombreuses erreurs», les deux candidats malheureux, Brumskine et Boakai ont saisi le 27 novembre la Cour suprême.

Dans leurs recours devant la Cour suprême, les candidats déboutés ont de nouveau dénoncé «des fraudes massives et des irrégularités flagrantes», arguant de « nombreuses erreurs » dans la décision de rejet de la NEC.

Les observateurs internationaux ont pourtant jugé le déroulement du vote largement crédible, malgré des problèmes d’organisation et de longs retards relevés dans ce scrutin pour désigner le successeur d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue à la tête d’un Etat africain.

Entretemps, l’incertitude politique continue à peser sur les perspectives économiques du pays. Car la date de ce second tour devant opposer  Weah et le vice-président sortant Joseph Boakai, n’était pas encore connue ce jeudi.

«La réputation de notre pays est attaquée et notre économie est sous pression», a prévenu Mme Sirleaf le 7 novembre, date à laquelle aurait dû se tenir le second tour.

Le Liberia, l’un des plus pauvres au monde, a été ravagé de 1989 à 2003 par l’une des plus atroces guerres civiles du continent, qui a fait quelque 250.000 morts.

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