Emmanuel Macron prêt à remettre à Alger une copie de ses archives coloniales

Au lendemain de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie, le premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a déclaré à Paris, que la France est prête à remettre à l’Algérie une copie des archives de la période coloniale (1830-1962), réclamée depuis des années par Alger.

Reçu à Matignon par son homologue, Edouard Philippe, dans le cadre d’un comité intergouvernemental, Ouyahia a salué lors d’une conférence de presse dans la capitale française, une «percée» dans le dossier sensible de la « mémoire » franco-algérienne, précisant que le président français a exprimé  la «disponibilité» de la France de remettre à Alger, une «duplication» des archives de la période coloniale (1830-1962).

Les deux pays vont continuer à discuter les modalités et le calendrier de «restitution graduelle de ces archives», a-t-il ajouté.

Des universitaires français et algériens demandent depuis plusieurs années que soient rapatriés en Algérie 37 crânes d’Algériens tués durant la deuxième moitié du XIXe siècle contre la colonisation française, et entreposés depuis la fin du XIXe siècle au Musée de l’Homme à Paris.

Pour la remise des crânes des insurgés algériens, a précisé Ouyahia «la partie algérienne va terminer le dossier procédural, la partie française va préparer la loi puisqu’il en faut une».

Selon  Matignon, une «loi de déclassification» doit être adoptée par le Parlement français pour autoriser cette restitution, après une demande officielle de l’Algérie. Une procédure, obligatoire du fait du principe d’inaliénabilité des collections publiques, déjà suivie en 2010 pour restituer des têtes maories momifiées.

S’agissant du passé colonial franco-algérien, Ahmed Ouyahia  a souligné que «le dossier du passé, l’Algérie ne le soulève pas pour enfermer les relations algéro-françaises dans le passé mais pour alléger la démarche commune vers l’avenir, donner plus d’entrain, en prenant en charge quelques soucis que nous avons».

Le premier ministre français Édouard Philippe a pour sa part exprimé sa volonté de développer les relations bilatérales «en regardant notre passé droit dans les yeux, dans ses zones d’ombre et dans ses éléments de lumière aussi».

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