Réformes constitutionnelles au Togo : Le parti présidentiel et l’opposition manifestent les mêmes jours

Le parti au pouvoir au Togo, l’Union pour la république (UNIR), organise des « marches mercredi et jeudi pour soutenir le projet de loi (constitutionnelle) du gouvernement et aussi pour dire non à la violence ». Ces jours coïncident avec ceux choisis par l’opposition qui appelle également ses partisans à manifester contre le pouvoir.

Même s’il n’y a pas encore eu de communiqué officiel du parti au pouvoir, Georges Kwawu Aïdam, le premier vice-président de l’UNIR a déclaré à la presse qu’il y aurait des « marches » les 20 et 21 septembre.

Cette annonce intervient au moment où l’opposition s’apprête à manifester à nouveau pour réclamer la révision de la Constitution, et notamment une limitation du nombre des mandats présidentiels, une loi rétroactive qui contraindrait le président Faure Gnassingbé à céder le pouvoir en 2020.

Le gouvernement a tout de même soumis un projet de loi de révision constitutionnelle, qui doit être étudié par l’Assemblée ce mardi, mais qui n’applique pas le principe de rétroactivité de la limitation des mandats, pourtant réclamé par l’opposition.

Dimanche, les évêques Catholiques du pays qui jouissent d’un certain crédit au sein de la population, ont organisé dans toutes les cathédrales du pays des prières dites « de supplication en faveur de la paix, plus précisément en faveur des reformes institutionnelles et constitutionnelles ».

L’objectif, selon les évêques, est « d’implorer la lumière de l’Esprit Saint sur les plus hautes autorités du pays afin qu’elles opèrent urgemment les réformes demandées par le peuple conformément à la Constitution de 1992 ».

Mgr Nicodème Barrigah, qui a dirigé la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) entre 2009 et 2012, a expliqué sur une radio locale que les évêques n’ont pas choisi « un camp contre celui du peuple ».

Mais en ce qui concerne le débat sur les réformes, l’Église appelle les acteurs à s’entendre « …afin que les réformes soient faites effectivement selon la Constitution de 1992 pour décrisper la situation et qu’on puisse passer à autre chose ».

Aussi, les Évêques demandent aux leaders politiques « d’éviter d’organiser le même jour des manifestations antagonistes, de peur que ces rassemblements ne débouchent sur des affrontements aux conséquences imprévisibles ».

Début septembre, le parti au pouvoir avait déjà décidé d’organiser des marches en même temps que l’opposition, obligeant celle-ci à décaler ses dates pour éviter les affrontements.

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