Procès Habré : le procureur réclame la condamnation de l’ex-président tchadien

proces-habreLe procureur du tribunal spécial africain a plaidé mercredi, dans son réquisitoire pour la condamnation de l’ex-président tchadien, Hissène Habré pour plusieurs chefs d’accusation les plus graves, dont crimes contre l’humanité, crimes de guerre et viol, sans préciser dans l’immédiat la peine requise.

Le procureur Mbacké Fall a réclamé la condamnation de Hissène Habré jugé à Dakarpour crimes contre l’humanité, en tant que « véritable chef de service » de l’appareil de répression sous son régime (1982-1990).

Un procès inédit, le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat africain est traduit devant une juridiction d’un autre pays africain (le Sénégéal) pour violations présumées des droits de l’homme, qui après avoir été ajourné depuis la fin des auditions des témoins le 15 décembre, a repris ce lundi avec les plaidoiries.

« La machine répressive s’est mise en marche sous la haute direction de Hissène Habré qui en était le véritable chef de service », a déclaré le procureur.

« Hissène Habré a créé ses propres prisons, qui n’ont rien à voir avec le système carcéral officiel. C’est dans ces mouroirs que les violations des droits de l’Homme ont été les plus massives », a poursuivi M. Fall, qui dénonce des « centres, pas de détention, mais de concentration ».

La répression sous Hissène Habré aurait fait 40.000 morts, selon les estimations d’une commission d’enquête tchadienne.

En détention depuis le 30 juin 2013 au Sénégal, où il avait trouvé refuge en décembre 1990, après avoir été renversé par l’actuel président tchadien, Idriss Deby Itno, l’ex-président Habré est poursuivi pour « crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture ».

Après les plaidoiries des avocats des parties civiles, lundi et mardi, puis le réquisitoire du procureur mercredi, suivront jeudi et vendredi les plaidoiries des trois avocats de la défense commis d’office, puisque Hissène Habré a choisi de garder le silence.

Les audiences seront ensuite suspendues pour le délibéré, avec un prononcé du verdict vers fin mai. En cas de condamnation, Hissène Habré qui encourt jusqu’aux travaux forcés à perpétuité, pourra purger sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l’UA.

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