Cameroun : Une ONG crie à l’« accaparement des terres et des ressources »

Le torchon brûle entre une firme américaine installée au Cameroun et une ONG locale. En effet la firme américaine Herakles Farms qui détient une compagnie camerounaise de la place exploite des milliers d’hectares pour la production de l’huile de palme. Le groupe américain a le contrôle de plus de 73.000 hectares de terres agricoles dans le Sud ouest du Cameroun. Une implantation qui est évidemment très critiquée par les observateurs locaux surtout que cette acquisition de terre s’est faite au prix record de 1 dollar annuel l’hectare, selon un bail foncier dénoncé par les ONG locales qui crient au scandale. Les dirigeants de la société américaine ambitionnent de produire près de 400000 tonnes d’huile de palme brute et 40000 tonnes d’huile de palmiste par an. Cette réalisation se fera via leur filiale SG Sustainable Oils Cameroon (Sgsoc). Pour Delilah Rothenberg, la directrice du projet, il s’agit surtout de « réduire la dépendance du Cameroun aux pays d’importations » en produisant localement cette huile. Malgré de si belles intentions qui contribueraient grandement à l’économie camerounaise, le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), une ONG camerounaise, estime qu’elles cachent pourtant de dangereuses conséquences. Ainsi dans son rapport publié en février, le CED dénonce un « accaparement des terres et des ressources » par la firme américaine. L’ONG s’inquiète avant tout de l’exode des populations. « Les activités de la SGSOC vont créer certes 7500 emplois, mais la concession foncière va obliger plus de 25000 villageois à se déplacer » prévient Brendan Scharwtz, co-auteur de l’étude. Des accusations que réfute comme on pouvait s’y attendre Rotheberg, précisant que « seules les 1000 plantations cartographiées pour le projet seront exploitées ». L’intervention des autorités ne serait pas de trop pour calmer les ardeurs.

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