Les Africains pas satisfaits du nouvel accord sur l’AGOA

agoa-desaccordLes ministres africains présents à Libreville pour le 14ème Forum de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), une initiative américaine qui vise à faciliter le commerce entre l’Afrique et les Etats-Unis, ont exprimé leur souhait de renégocier certaines dispositions du nouvel accord de 10 ans, signé par le président Obama.

« Par rapport à la nouvelle loi, il y a des changements fondamentaux qui sont intervenus, des changements non commerciaux qui concernent notamment les droits de l’Homme ou le travail des enfants », a déclaré Barthélémy Ngoulakia, président du comité scientifique du forum de Libreville, faisant le point d’une réunion à huit clos des ministres et experts africains.

« Aujourd’hui, le président américain peut décider d’exclure un pays parce qu’il n’a pas respecté les engagements pris par rapport à l’AGOA », a-t-il expliqué ajoutant que les Africains n’apprécient pas tellement cette prérogative.

Tout en acceptant une éventuelle exclusion, ils suggèrent tout de même que le délai accordé au pays mis en cause soit rallongé de plusieurs mois au lieu de 60 jours. « 60 jours, ce n’est vraiment pas évident pour se conformer à des remarques ou des injonctions », a-t-il insisté.

« Les pays africains souhaitent également discuter avec la partie américaine des conditions pour l’accès d’un produit au marché américain », a poursuivi le haut fonctionnaire gabonais.

M.Ngoulakia a soutenu que les problèmes des infrastructures et du déficit d’une main-d’œuvre qualifiée, souvent évoqués pour justifier la faiblesse des échanges entre l’Amérique et l’Afrique, ne sont pas les seules raisons.

« Il y a d’autres raisons notamment liées aux exigences des normes américaines ». A cause de ces normes, les échanges entre les deux continents restent très faibles, 15 ans après le lancement de l’AGOA par l’ancien président américain Bill Clinton, a-t-il rappelé.

Les propositions de la réunion de lundi qui se poursuit mardi, toujours à huit clos, seront soumises aux responsables à un plus haut niveau, a précisé M. Ngoulakia.

Les pays de l’Afrique francophone suggèrent à l’administration américaine de les aider à ouvrir un centre de compétitivité dans un pays de la région qui se chargera de diffuser les normes du marché américain et inciter les producteurs africains à s’y conformer afin de se voir ouvrir les portes de ce gigantesque marché.

Selon des statistiques du gouvernement américain, les échanges entre l’Afrique et les Etats-Unis sont de 480 milliards de dollars depuis 2001. L’AGOA a créé 300.000 emplois en Afrique contre 120.000 aux Etats-Unis.

Les matières premières du continent africain ne sont pas les seuls produits qui intéressent les Américains. En 2014 par exemple, le commerce hors pétrole représentait 4,4 milliards de dollars, soit une augmentation de 250% par rapport à 2001, souligne l’administration américaine.

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