Crise à Madagascar : La Commission électorale propose l’organisation d’élections anticipées

La Commission électorale malgache a proposé d’anticiper la date des élections présidentielle et législatives, prévues en toute fin d’année, afin de sortir de la crise politique qui secoue la Grande Ile depuis fin avril.
«Selon l’article 52 de la constitution, il est possible de tenir une élection anticipée», a déclaré le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Hery Rakotomanana, mardi à la presse. « Si cette solution convient à tous (le gouvernement et l’opposition), alors la Ceni propose la date du 29 août 2018 pour le premier tour de l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.
Pas sûr que cette nouvelle proposition convienne à l’opposition, qui demande plutôt le départ du président Hery Rajaonarimampianina, élu fin 2013. « C’est la démission de Hery Rajaonarimampianina et de son équipe que l’on veut », a réagi la députée Hanitriniaina Razafimanantsoa, meneuse des manifestations de l’opposition.
«La Ceni ne propose qu’une solution tape-à-l’œil. Laissez d’abord démissionner ceux qui doivent le faire et on parlera d’élections après », a-t-elle ajouté devant des partisans réunis, comme tous les jours depuis le 21 avril, sur la place du 13 mai à Antananarivo.
L’opposition malgache a refusé la veille de rencontrer l’envoyé spécial des Nations unies venu pour favoriser une sortie de crise politique qui agite la Grande île, à quelques mois des élections présidentielle et législatives.
La fronde a débuté après l’adoption de nouvelles lois électorales, jugées partiales par l’opposition. Cette dernière a obtenu partiellement satisfaction la semaine dernière avec l’annulation par la Haute cour constitutionnelle de certaines dispositions controversées de ces textes. L’opposition a toutefois décidé de poursuivre la mobilisation jusqu’à ce que la plus haute juridiction du pays se prononce sur la demande de destitution du chef de l’Etat qu’elle a récemment déposée.
La commission électorale a invité mardi toutes les parties prenantes à la crise à discuter vendredi de ces nouvelles propositions. Dans le cas où des élections anticipées ne feraient pas l’unanimité, la Ceni a proposé de les organiser le 28 novembre ou de les retarder au 29 mai 2019.
Elu en 2013, Hery Rajaonarimampianina n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat cette année.

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