Publié Le : mer, Déc 20th, 2017

Retrait des avocats de l’ex-ministre jugé pour la mort de soldats de l’ONU en Côte d’Ivoire

Les avocats de la défense de l’ancien ministre ivoirien Hubert Oulaye, accusé de complicité d’assassinat dans le cadre de la mort de sept Casques bleus et huit civils en 2012, ont quitté l’audience mardi, au deuxième jour du procès, en guise de protestation contre «une violation manifeste des droits de la défense».

Me Toussaint Dako, l’un des avocats de la défense a qualifié devant des journalistes, d’«amateurisme», le fait de ne pas disposer de plusieurs pièces produites par le parquet devant la cour d’assises d’Abidjan, notamment des procès-verbaux d’audition de la DST (Direction de la surveillance du territoire), sur lesquelles est fondé le dossier de l’accusation.

Son client, Hubert Oulaye, 64 ans, ancien ministre de la Fonction publique sous le mandat de l’ex-président Laurent Gbagbo dans les années 2000, est accusé d’être l’instigateur d’une attaque en 2012, qui a couté la vie à Sept Casques bleus nigériens de l’Opération de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) et huit civils, non loin de Guiglo, une région de l’ouest de la Côte d’Ivoire, dont il est originaire et avait été le député.

Oulaye qui a déjà fait deux ans de détention préventive entre mai 2015 et juin 2017, aurait fourni, via des intermédiaires, deux millions de francs CFA (3.000 euros) pour acheter des armes à des hommes pour perpétrer des attaques, alors qu’il vivait en exil au Ghana.

A l’ouverture de l’audience mardi matin, il  a clamé son innocence dans une déclaration solennelle où il a critiqué point par point le dossier d’accusation, accusant la DST d’avoir fabriqué des preuves pour l’incriminer et la justice de le poursuivre pour des raisons « politiques ».

Oulaye avait été arrêté six mois après son retour d’exil, et selon ses avocats, il paie pour après avoir participé à une réunion de « frondeurs » du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo.

Le procureur général du tribunal d’Abidjan, Léonard Lebry, a toute fois récusé cette thèse, affirmant que les pièces contestées figuraient bien au dossier.

Le procès Oulaye doit reprendre jeudi, en attendant ceux de trois autres personnalités du régime Gbagbo qui doivent se tenir de décembre à janvier.

L’ancien ministre de la Défense Lida Kouassi, le commandant de gendarmerie Jean-Noël Abéhi, et Simon Ehivet, un frère de Simone Gbagbo (épouse de l’ex-président Gbagbo), doivent être jugés pour complot contre l’autorité de l’Etat.

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