Les manifestants contre le référendum en Mauritanie dispersés à coups de gaz lacrymogène

Une manifestation de protestation jeudi à Nouakchott contre la tenue samedi d’un référendum sur un changement constitutionnel en Mauritanie qui prévoit notamment la suppression de plusieurs institutions, y compris le Sénat, a été dispersée par la police mauritanienne à coups de gaz lacrymogène.

Les manifestants, qui avaient répondu à l’appel d’une coalition de partis et mouvements opposés aux amendements constitutionnels, se réunissaient à Tevregh Zeina, quand la police est intervenue.

Selon le porte-parole de la coalition, Saleh Ould Henenna, des faits similaires se sont produits dans deux autres départements de Nouakchott, Arafat (sud) et Dar Naim (nord).

Alors que les autorités avaient interdit les manifestations, le porte-parole de la coalition protestataire, a fustigé la «dictature qui gouverne le pays et ses méthodes abjectes».

Parallèlement à ces manifestations, une vingtaine de membres du sénat pourtant majoritairement acquis au pouvoir mais opposés à la révision de la Constitution, poursuivaient jeudi leur sit-in au sein du Parlement, placé sous haute surveillance policière.

«On refuse aux gens de nous rendre visite, tout comme on nous refuse l’entrée de repas », s’est offusqué leur porte-parole, le sénateur de Bassiknou (sud-est) Cheikh Ould Henenna, membre de la majorité présidentielle mais qui dirige la fronde ayant rejeté les amendements promus par le président au niveau parlementaire.

En signe de soutien à leurs collègues sénateurs, des députés de l’opposition ont entamé un mouvement similaire au niveau de l’Assemblée nationale.

Ces heurts entre manifestants de l’opposition et forces de l’ordre ont eu lieu moins de deux heures avant le début d’un meeting du camp du pouvoir qui devait être présidé dans la soirée par le président Ould Abdel Aziz dans le centre de la capitale, au cours duquel il a promis de faire des « révélations importantes ».

Quelques 1,4 million de Mauritaniens sont appelés samedi aux urnes de 07H00 à 19H00 GMT, pour un référendum constitutionnel convoqué par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui prévoit la suppression de plusieurs institutions, y compris le Sénat. Les résultats de cette consultation populaire sont attendus en début de semaine prochaine.

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