Le neveu de Sassou Nguesso mis en examen pour des « biens mal acquis »

Le neveu du président congolais, Denis Sassou Nguesso, Wilfrid Nguesso, 50 ans, a été mis en examen à Paris, dans l’enquête dite des « biens mal acquis » portant sur le patrimoine de dirigeants africains et de leur entourage familial en France.

Selon Me William Bourdon, président de l’ONG Sherpa et avocat de l’association Transparency International, à l’origine de cette plainte qui a déclenché l’affaire, «cette mise en examen sera suivie d’autres».

En effet, Denis Sassou Nguesso à la tête du Congo depuis 32 ans et sa famille, tout comme celle de l’ancien président du Gabon, Omar Bongo et du président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, sont visés depuis 2009, par une enquête sur leur patrimoine français.

Selon les conclusions de l’enquête, le président du Congo-Brazzaville est accusé «d’avoir détourné, à son profit et au profit de sa famille et de son clan, une partie substantielle de la rente pétrolière» nationale.

Selon Me Bourdon, Wilfrid Nguesso, proche du président Sassou Nguesso, «occupe une place centrale dans l’affaire des biens mal acquis» mais, «tout ce clan a externalisé ses avoirs à l’étranger, ce qui a pu retarder la procédure mais les charges sont lourdes et les éléments convaincants».

Wilfrid Nguesso a attiré l’attention des autorités du Canada, chargées d’examiner son dossier alors qu’il espérait devenir résident permanent dans ce pays. Le Canada a considéré que son train de vie ne correspondait pas à son activité professionnelle réelle, le soupçonnant notamment d’être le véritable propriétaire, via des sociétés-écrans, de la Socotram, détenue à 45% par l’État congolais et à 55% par des intérêts privés.

Cette société perçoit notamment des droits de trafic maritime sur les chargements de pétrole qui quittent le Congo-Brazzaville. Des juges d’instruction parisiens enquêtent depuis 2010 sur le patrimoine du clan familial de Denis Sassou Nguesso. Ces enquêtes ont débouché sur la saisine de plusieurs biens du clan, à Paris.

En février 2016, Denis Sassou Nguesso a porté plainte en France, estimant que les pièces sur lesquelles sont fondées cette enquête « ne sont pas conformes à la réalité ».

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