Nigéria : L’armée en croisade contre le « bunkering »

Dimanche dernier,  lors d’une opération d’une durée de six heures, l’armée nigériane a annoncé avoir détruit 500 raffineries de pétrole clandestines, lesquelles servent couramment à traiter le brut volé au rivage du fleuve Niger.

Afin d’atteindre ces objectifs, l’armée n’a pas lésiné sur les moyens : à Mbiama dans l’Etat de Bayelsa (Sud), presqu’une centaine d’hommes appuyés par des bateaux de guerre et des hélicoptères ont ouvert le feu sur les installations pétrolières de fortune. Bien qu’une attaque de cette envergure soit inédite au Nigéria, celle-ci n’a mené à aucune arrestation. De même, aucun dommage n’a été déploré. Le commandant Jarafu Ibrahim, responsable de la mission, a tenu à mettre en garde les récidivistes en déclarant que « cette action va se poursuivre aussi longtemps que possible, aussi les auteurs de ces actes n’auront pas la liberté d’action pour continuer ces activités illégales ».

Les populations vivant dans le delta Niger, région particulièrement nantie en hydrocarbures, sont paradoxalement très pauvres. Ainsi, pour profiter d’une part de ces richesses, elles volent le pétrole par le biais d’une pratique localement appelé le bunkering. Celle-ci se fait soit en perçant un oléoduc par un tuyau de faible diamètre, soit en y installant une vanne de grand diamètre. Bien que conscients de sa dangérosité, nombreux sont les nigérians qui s’adonnent au bunkering et, de ce fait, font perdent, chaque année, plus de 5 milliards de dollars américains au Trésor Public. Justificatif éloquent aux multiples interventions armées.

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