Sierra Leone : de violentes protestations contre des mesures anti-Ebola

stop-ebolaAu moins trois personnes ont été blessées dans le nord de Sierra Leone lors de protestations de jeunes très remontés contre des mesures anti-Ebola, selon des témoins et une source médicale.

Ces violences se sont produites à Barmoi Luma, dans le district de Kambia, où la situation était tendue depuis le week-end dernier à cause de la fermeture des marchés, boutiques et divers commerces. La décision avait été prise par les autorités pour tenter de réduire les risques de propagation du virus, expliquent des résidents.

Le premier cas confirmé de résurgence d’Ebola dans le pays, Marie Jalloh, une étudiante de 22 ans, avait séjourné dans ce village et y était tombée malade avant d’être transportée à Magburaka (nord), où elle est décédée le 12 janvier.

Une de ses proches a été testée positive la semaine dernière et était en traitement à Freetown mardi, et plusieurs dizaines de personnes susceptibles d’avoir été en contact avec la défunte  ont été placées en quarantaine dans plusieurs localités du Nord.

A Barmoi Luma, la colère couvait depuis que, samedi 23 janvier, des dizaines de personnes mises en quarantaine «  se sont évanouis dans la nature », a expliqué un résident, chef coutumier local.

Dans le cadre de la recherche de ces personnes, les autorités ont ordonné à la police de fermer les marchés, commerces et boutiques de la localité, « seules les pharmacies étaient autorisées à ouvrir », a-t-il dit.

Mais la situation a dégénéré mardi matin quand la police s’est déployée pour faire respecter la fermeture de la zone du marché.Les éléments des forces de l’ordre ont été prise à partie par « des dizaines de jeunes et de femmes descendus dans les rues, armés de bâtons et de pierres », a rapporté une habitante, Fatu Jalloh qui dit avoir « vu sept personnes blessées, dont trois grièvement ».

La Sierra Leone, la Guinée et le Liberia sont les trois pays les plus affectés par l’épidémie d’Ebola déclarée en décembre 2013 dans le sud guinéen. Ils concentrent plus de 99% des 11.300 morts, sur plus de 28.000 cas recensés depuis lors, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

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