Kenya : révision de la règle d’équité locale

4779255-7145006Le nouveau gouvernement Kenyan a annoncé qu’il prendrait un chemin différent que le précédent en matière de participation dans l’actionnariat des entreprises minières. Avant son départ, le précédent gouvernement avait introduits « la règle d’équité locale ».

 Cette dernière stipule que pour le secteur minier, l’on impose une attribution de 35% des parts à des entrepreneurs locaux. Cette mesure vise à faire profiter le pays des revenus générés par le secteur minier et renforcer la part de richesse sensée rester sur le territoire national. Le nouveau projet de loi compte modérer cette initiative en réduisant la participation à 10%. Néanmoins, cette part n’est plus réservée aux investisseurs locaux mais au gouvernement lui-même. L’investissement de l’Etat sera sous forme de service, surtout en termes de transport.

 Aussi, cette orientation va dans le sens contraire de la tendance actuelle observé sur le continent. Après plusieurs décennies de libéralisme maximal sous l’influence et la pression de l’occident, les pays du continent noir virent progressivement vers une forme de semi-nationalisation des entreprises opérant dans le secteur minier. Le Ghana et la Zambie ont augmenté les impôts liés au secteur minier tandis que la guinée a décidé d’obliger une participation locale à hauteur de 35%. Le plus radical sur la liste reste le Zimbabwe qui impose une part locale allant jusqu’à 51%. Cette vague est perçue d’un mauvais œil par les investisseurs qui préfèrent aller vers des pays où l’imposition est moins agressive.

 Par ailleurs, la période est propice pour le continent noir. L’Occident traverse une crise économique, une bipolarité économico-diplomatique s’installe avec la monté en puissance des BRICS. Les anciens colons ont donc moins de marge de manœuvre pour faire pression sur les pays africains. Ainsi, les prochaines années définiront les types de relations que les Etats africains entretiendront avec les entreprises privées qui veulent exploiter leurs minerais. Le plus grand défi serait pour le continent de développer une technicité locale pour l’exploitation de ces ressources. L’ère des contrats léonin sera peut être bientôt révolue.

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