Rd Congo : des équipements nucléaires à l’abandon

Sur le continent noir, la République Démocratique du Congo a été l’un des précurseurs dans l’exploitation nucléaire. Déjà, par le biais des colons belges de l’époque, ce vaste pays d’Afrique centrale a fourni aux américains l’uranium ayant servi à fabriquer les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. D’ailleurs, les américains ont longtemps soutenu le dictateur de l’ex-Zaïre, Mobutu Sese Seko, pour avoir la mainmise sur cette matière première.

Actuellement, le Congo-Kinshasa retient toujours l’attention américaine car il conserve des installations dédiées à la recherche nucléaire. Il s’agit du site abritant les réacteurs nucléaires Triga Mark I, fonctionnel entre 1958 et 1970, et Triga Mark II, mis en service en 1972. Ce dernier matériel aurait « arrêté de fonctionner depuis 1992 », selon un rapport diplomatique datant de 2006 révélé par Wikileaks.

D’après la même source, le Centre Régional d’Etudes Nucléaires de Kinshasa (CRENK) compte 138 barres d’uranium faiblement enrichies, 2 de moins qu’à l’origine. De quoi inquiéter les américains qui craignent que cette matière première ne tombe entre des mains éventuellement belliqueuses à l’instar de l’Iran. En plus, le rapport déplore le manque de sécurité nucléaire. L’enceinte du site n’est pas éclairée la nuit, ne dispose pas de caméras de surveillance et est tellement délabrée que les étudiants de l’université voisine ont pris l’habitude de la traverser pour raccourcir leurs itinéraires. En outre, près d’un bâtiment où sont stockés des déchets nucléaires incorrectement gérés, des paysans entretiennent des champs de manioc, au péril de leur santé.

Malgré cela, les autorités congolaises continuent de clamer leurs ambitions nucléaires, à en croire les derniers propos du porte-parole du gouvernement à ce sujet. Drôle de paradoxe.

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