La dépigmentation en Afrique noire

Appelée localement «tchatcho » au Mali, « tshoko » dans les deux Congo ou « xeesal » au Sénégal, la dépigmentation touche toute l’Afrique Noire, avec comme principaux bastions l’Afrique Centrale et l’Afrique de l’Ouest. Bien que les femmes en soient les plus grandes adeptes, les hommes et, pire, les enfants ne sont pas en reste. Divers arguments peuvent être émis pour tenter d’expliquer ce phénomène. Le premier est l’héritage colonial. Pendant des décennies, les populations du continent noir ont été sous la domination de l’homme blanc, lequel semblait incarner l’idéal de réussite et d’autorité. En outre, le symbolisme populaire identifie le bien à tout ce qui est clair, à l’opposé du mal qui correspond aux ténèbres, donc tout ce qui est sombre. Inconsciemment, les africains ont peut être pu nourrir des complexes d’infériorité au fil du temps.Ainsi, aujourd’hui, plusieurs procédés cosmétiques ou pharmaceutiques sont couramment utilisés pour s’éclaircir le teint. Des crèmes à base d’hydroquinone ou de cortisone sont appliqués sur les peaux. Certains préfèrent les injections comme c’est le cas pour le quinacore, un médicament primordialement destiné à soigner les rhumatismes mais dont les effets secondaires peuvent causer un blanchiment de la peau. D’autres, plus « ingénieux », se concoctent des mélanges à l’aide de divers ingrédients. Dans tous les cas, les conséquences sanitaires de ces comportements dangereux ne se font pas attendre : éruptions cutanées, brûlures, lésions locales, etc. Les produits les plus agressifs pour la peau peuvent même, en détruisant ses différentes couches, causer des cancers.La meilleure arme contre cette tendance nocive est sans doute la sensibilisation. Celle-ci doit être entreprise dans le but de changer les mentalités et d’informer les masses sur les risques de la pratique de la dépigmentation.

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