Le Sahel au coeur de la conférence internationale de Tunis

Les derniers développements dans le Sahel et le Sahara seront passés au crible à Tunis ces 30 et 31 aout, lors d’une conférence internationale organisée par l’ancien représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et ex-ministre des affaires étrangères mauritanien Ahmedou Ould Abdallah. Ce dernier est actuellement le patron du Think-Tank C4S « Centre pour la Sécurité au Sahel Sahara ». Ould Abdallah regroupe ainsi dans un grand hôtel de Hamamet, l’Alhambra, près d’une cinquantaine d’experts, de diplomates, et de figures des pays de la région ces jeudi et vendredi 30 et 31 août pour examiner le cours des évènements dangereux et déstabilisateurs qui se succèdent dans toute la bande du Sahel depuis le début de la crise politique malienne. Cette dernière, comme chacun le sait, est alimentée par la montée en puissance des nébuleuses terroristes comme Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). La rencontre de deux jours est organisée sous le thème : « Situation au Sahel Sahara et acteurs extérieurs » et devrait être ouverte en grande pompe par le secrétaire d’Etat Tunisien aux affaires étrangères ; devant un parterre de personnalités intéressées par la situation au Sahel.
Basé à Nouakchott, le Think-Tank Centre 4S couvre une bande allant de la Mauritanie en passant par la Guinée, au Sud, et jusqu’au Tchad et au Soudan à l’Est.
En sus, le Centre 4S focalise sa réflexion sur les questions liées à la défense et la sécurité de la bande sahélo saharienne, la violence armée et le terrorisme, les rivalités pour le pétrole, le gaz et l’uranium, l’immigration clandestine, la contrebande et les trafics en tous genres. Sa vocation est d’aider la région et ses partenaires internationaux publics et privés, à collaborer davantage pour assurer la sécurité et la prospérité de la bande sahélo sahélienne.
La conférence puise donc toute son importance dans la qualité des intervenants et de ses organisateurs. Selon ces derniers, des experts dans les domaines géostratégiques et de sécurité, des politiciens régionaux, diplomates internationaux et journalistes ont été conviés à ce rendez-vous pour tenter de faire le point sur la situation qui prévaut dans la bande du Sahel et ses conséquences sur la stabilité des pays voisins notamment d’Afrique du nord.
Depuis déjà quelques mois, on assiste à un démembrement du Mali : coup d’état à Bamako, occupation du nord par les Islamistes d’AQMI et leurs alliés, comme le soulignait en juin dernier, Ahmedou Ould Abdallah, à l’occasion du 1er anniversaire de la création du Centre4S.
Mais pour ce grand diplomate expérimenté, tout n’est pas déjà perdu, « il est encore temps de pouvoir gérer la crise malienne avec succès », affirme-t-il. Pour ce faire, il propose de privilégier une approche régionale, collective et inclusive de tous les Etats (maghrébins et sahéliens) concernés et intéressés, au lieu d’une internationalisation du conflit au Mali, qui comporte un certain nombre de risques.
Pour Mehdi Taje, géopoliticien et spécialiste des méthodologies de la prospective qui doit intervenir à la conférence de Tunis : « l’éclatement d’un foyer d’instabilité au Sahel menace la stabilité et la sécurité des pays du Maghreb sur le long terme ». Dans un entretien accordé récemment à un quotidien, Taje est catégorique en affirmant qu’il «n’est plus possible de poser la problématique du Maghreb en l’isolant du flanc sud sahélien. Une concertation permanente s’impose entre les pays du Maghreb sur le présent et l’avenir de la scène sahélienne ».
Il est clair, soutient-il « que la crise malienne, par ses effets induits, exacerbe les rivalités et les tensions entre les pays du Maghreb et pèse négativement sur la dynamique maghrébine ». Autant d’aspects et d’inquiétudes qui vont être développés à la conférence de Tunis. Un programme ambitieux que cet aéropage d’experts examinera à Tunis les 30 et 31 aout.

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