Nigéria : Guerre des religions sur front bancaire

Tout a commencé depuis que Mallam Sanusi Lamido, gouverneur de la Banque Centrale du Nigéria (CBN), a octroyé à un établissement financier de la place, Jaiz Bank International, une licence afin d’ouvrir la première banque basée sur la finance islamique. Rien que la présence de ce dernier adjectif a suffi à susciter des tensions dans un pays célèbre à cause des rivalités entre musulmans et chrétiens. L’un des premiers à réagir fut le cardinal Olubunmi Okogie, Archevêque de Lagos : « nous sommes contre l’introduction de la finance islamique car nous y voyons une autre méthode de domination des chrétiens dans ce pays ». Un message qui résume, à coup sûr, le sentiment de biens de chrétiens nigérians à l’ouïe de la nouvelle. Pourtant, à bien analyser, on peut se rendre compte que la finance islamique ou système bancaire sans intérêts peut être intéressante pour le Nigéria. Ce modèle bancaire, qui se base sur l’interdiction de quelconque intérêt et la responsabilité sociale de l’investissement, a déjà montré son efficacité en termes de retour sur investissement. C’est pourquoi, son principe a été adopté par plusieurs pays, notamment, la France ou le Royaume-Uni. Ainsi, elle représenterait actuellement un marché mondial de 1000 milliards de dollars américains.

Le Nigéria étant un pays à la sensibilité religieuse particulière, la CBN devrait miser sur la communication pour étaler au grand jour les aspects positifs de ce nouveau modèle bancaire. Mais, d’ici à cela que ça passe dans les milieux chrétiens, l’écart est encore grand. La preuve, M. Sanusi Lamido a déjà été accusé d’avoir accordé ces licences du fait qu’il est musulman.

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