Tunisie: Les mesures du président Saïed risquent d’entraîner le «démantèlement» de l’Etat (Ennahdha)

Le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, principale force parlementaire en Tunisie, a affirmé ce mardi, que les mesures d’exception imposées par le président Kais Saïed risquaient d’entraîner «le démantèlement» de l’Etat.

Saïed avait annoncé lundi qu’il allait nommer un nouveau chef du gouvernement dans le cadre de «dispositions transitoires» mais qu’il garderait en place les mesures d’exception qu’il avait décrétées le 25 juillet pour s’arroger les pleins pouvoirs.

«Ces mesures d’exception se poursuivront et un chef du gouvernement sera nommé mais sur la base de provisions de transition répondant à la volonté du peuple», a déclaré M. Saied.

Réagissant à ces annonces, Ennahdha a affirmé dans un communiqué que «le maintien en vigueur des mesures d’exception indéfiniment concomitamment avec l’absence d’un gouvernement légitime et la suspension du Parlement élu menacent d’entraîner le démantèlement de l’Etat et aggraver la crise économique, financière et sociale aiguë» que connait le pays.

Selon le parti Ennahdha, les «dispositions transitoires» voulues par le président traduisent «sa détermination à abroger la Constitution que les Tunisiens ont unanimement adoptée».

Ennahdha estime que sortir le pays «de la situation dangereuse» qu’il traverse «nécessite que toutes les forces politiques et sociales déploient des efforts pour arriver à des accords collégiaux susceptibles de mettre fin à la crise».

Dans son discours de lundi, M. Saied avait en outre annoncé qu’il allait faire adopter « une nouvelle loi électorale » sans en dévoiler les contours.

Le 25 juillet, M. Saied avait limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, suspendu les activités du Parlement et s’est arrogé aussi le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable avant de prolonger ces mesures le 24 août, «jusqu’à nouvel ordre».

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