Burundi : Concurrence déloyale dans le secteur du thé ?

Privatiser un secteur peut être un couteau à double tranchant pour tout Etat. Le gouvernement burundais en sait sûrement quelque chose en se référant à son secteur théicole.

Actuellement, une polémique sur le prix du kilo de thé défraye la chronique au Burundi.  Une entreprise privée d’usinage de la plante stimulante, « Protem », achète la quantité aux paysans à 0,2 dollar. Soit, près de 50 % plus cher que le public, qui cède généralement 0,14 dollar  le kilo de thé. Dans ces conditions, le choix est clair pour les paysans burundais, lesquels voient leurs marges grimper en se tournant vers Protem. Du côté du ministère de l’agriculture, la concurrence est jugée déloyale. Selon l’autorité publique, l’unité industrielle privée doit assurer son exploitation rien qu’avec le thé de ses 600 hectares de champs. Pourtant, celle-ci s’approvisionne couramment du thé issu du bloc villageois, lequel représente 78 % des surfaces de thé du Burundi ; le reste (22 %), dit bloc industriel, appartenant à l’Etat burundais. Le manque à gagner est donc évident pour le Trésor Public burundais. Il est encore plus important du fait que les cultivateurs de thé de la région de Mwaro (centre) dans laquelle se situe Protem n’ont pas d’autre usine où écouler leurs marchandises.

Le problème précédent ne se serait jamais posé sans la libéralisation du secteur, intervenue en 2007. Celle-ci, réalisée sous l’impulsion du FMI, a laissé libre cours aux initiatives privées. Ces dernières suppléent l’incapacité de l’Etat à usiner toute la production agricole et  en particulier celle du thé, du fait de la vieillesse de ses installations industrielles. Aléa qui, d’antan, amenaient  les agriculteurs burundais à jeter leurs produits, occasionnant ainsi des pertes.

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