Tanzanie/Présidentielle: L’opposition prévoit des manifestations de rue pour contester la victoire de Magufuli

L’opposition tanzanienne a appelé samedi ses partisans à descendre dans la rue à partir de lundi pour contester la réélection écrasante du président John Magufuli et la victoire sans partage de son parti aux législatives, le but étant pour l’opposition, d’obtenir l’organisation d’un nouveau vote, jugeant le premier frauduleux.

Le président sortant, 61 ans, surnommé le « Bulldozer », est crédité de 84,39% des suffrages tandis que son principal rival Tundu Lissu, 52 ans, ne totalise que 13,03% des voix, selon les résultats définitifs proclamés vendredi, par la Commission électorale (NEC). Les 13 autres candidats en lice, se sont partagé le reste des voix.

«Nous appelons d’abord à de nouvelles élections dès que possible. Nous appelons à des manifestations continues et pacifiques à partir de lundi dans tout le pays jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites», a déclaré Freeman Mbowe, chef du principal parti de l’opposition, Chadema, lors d’une conférence de presse conjointe à Dar es Salam, avec une autre formation, l’ACT-Wazalendo.

Le parti de M. Magufuli, le Chamacha Mapinduzi (CCM ou « Parti de la révolution »), au pouvoir sans discontinuer depuis l’année qui a suivi l’indépendance, en 1961, rafle par ailleurs la quasi-totalité des 264 sièges du Parlement attribués lors du scrutin législatif couplé à la présidentielle, selon les derniers résultats publiés par la NEC. Le CCM remporte des circonscriptions dans des fiefs historiques de l’opposition, notamment à Dar-es-Salaam ou Arusha, la grande ville du Nord.

Sur l’archipel semi-autonome de Zanzibar, où les électeurs choisissaient en outre leurs propres président et députés, le candidat du CCM, Hussein Mwinyi a largement remporté la présidentielle avec 76,27% des suffrages.

L’opposition avait rejeté dès mercredi l’ensemble des résultats du vote, dénonçant des «irrégularités de grande ampleur». «Nous sommes inquiets des informations crédibles faisant état d’irrégularités électorales et de l’utilisation de la force contre des civils désarmés, et nous demanderons des comptes aux individus responsables », a réagi la porte-parole du Département d’Etat américain, Morgan Ortagus, sur Twitter.

La Tanzanie n’autorise pas de contestation en justice du résultat de la présidentielle – une procédure possible pour les législatives – et M. Lissu a appelé ses partisans à des manifestations «démocratiques et pacifiques» et au soutien de la communauté internationale. Mais pour l’heure, aucun mouvement de protestation n’a été constaté.

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