Plusieurs opposants tanzaniens, dont des députés retenus en garde-à-vue depuis une semaine

Trente huit membres du principal parti d’opposition tanzanienne, dont deux parlementaires, accusés de rassemblement illégal et de dégradation de biens, ont été placés en garde-à-vue depuis une semaine et seront à nouveau jugés vendredi, selon leur avocat.

«Nous devions reprendre aujourd’hui (mercredi) mais on nous a appris que le juge était malade. Une nouvelle audience est prévue vendredi, mais nous ne savons pas si le juge sera présent », a déclaré leur avocat Peter Kibatala.

Les députés Susan Kiwanga et Peter Jualikali ainsi que 36 autres membres du Chadema ont été arrêtés le 29 novembre à Morogoro (près de 200 kilomètres à l’ouest de Dar es Salaam), lors des élections municipales partielles organisées dans une quarantaine de secteurs administratifs du pays, selon Me Kibatala

Dans un communiqué publié le même jour, le Chadema a affirmé que ses 38 membres avaient été arrêtés par la police après avoir contesté les résultats officiels du scrutin qui, selon eux, volaient la victoire à un candidat de leur parti à Morogoro.

Toujours selon ce communiqué, les responsables locaux de l’administration et du parti au pouvoir, le Chamacha Mapinduzi (CCM), ont mis le feu à un bâtiment public, pour en rejeter la responsabilité sur le dos du Chadema et justifier l’arrestation de ses membres.

La défense parle également d’un «dossier purement politique » précisant que les mis en cause plaident non coupables. La défense déplore que ses clients restent aussi longtemps en garde-à-vue.

A l’audience de mardi, l’accusation s’est opposée à notre demande de remise en liberté sous caution de ces personnalités de l’opposition accusée de «rassemblement illégal et de dégradation de biens. Pour les deux parlementaires, s’y ajoutent les charges d’incitation au trouble» et le juge a ajourné les débats.

Le principal parti d’opposition Tanzanienne le Chadema, qui accuse la justice de manque d’indépendance, a souvent dénoncé au cours des derniers mois « une complicité » entre la police et certains magistrats pour maintenir en garde-à-vue des membres du parti au-delà du délai légal de 48 heures.

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