Plus de 100 arrestations à la suite de violences ethniques en Ethiopie

Les autorités éthiopiennes ont annoncé dimanche, l’arrestation de plus de 100 personnes à la suite de récents affrontements entre des membres de deux des principales ethnies du pays, qui avaient fait des centaines de morts, a rapporté la radio d’Etat Fana sur son site internet.

Des Somalis et des Oromos qui se disputent fréquemment au sujet de la démarcation des frontières administratives ou de l’accès aux ressources, s’étaient affrontés en septembre dernier le long des quelques 1.000 km de frontière entre leurs deux régions administratives, dans le sud du pays.

Le bilan de ces violences est difficile à chiffrer en raison des restrictions d’accès aux zones les plus touchées, mais Addis Abeba l’estime à «des centaines» de morts. Les Nations unies ont également recensé des dizaines de milliers d’habitants ayant abandonné leurs foyers suite à ces violences.

Selon le porte-parole du gouvernement Negeri Lencho, cité samedi soir par Fana, cinq membres de l’ethnie somali et 98 de l’ethnie oromo soupçonnés d’être impliqués dans ces violences ont été interpellés, alors que 24 autres suspects somalis sont activement recherchés.

En octobre, le président de l’Assemblée nationale éthiopienne, Abadula Gemeda , membre des Oromos, plus grand groupe ethnique du pays, avait annoncé sa démission, en raison d’un «manque de respect» et de la marginalisation de son groupe ethnique et de son parti.

Il occupait le perchoir de la chambre basse du Parlement depuis 2010, après avoir été successivement ministre de la Défense et président de la région Oromia, la plus peuplée du pays.

«J’ai démissionné parce que mon peuple et mon parti ont été victimes d’un manque de respect», a-t-il déclaré, assurant qu’il continuera «à lutter pour apporter le respect qui leur est dû et faire de mon mieux pour que le peuple oromo obtienne le respect de ses droits».

La région Oromia a été le foyer d’importantes manifestations antigouvernementales en 2015 et 2016, qui se sont propagées à d’autres régions du pays, notamment celle d’Amhara (nord), et ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre du régime.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.