L’ONU dénonce les « abus et violations » des droits de l’homme en Libye

Après une première visite en Libye, le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé ce jeudi, les «nombreux abus et violations» perpétrés dans des centres de détention libyens, tout en se disant «optimiste» sur la volonté des autorités d’améliorer la situation.

A l’issue de sa visite, Zeid Ra’ad Al Hussein a fait cas d’informations «terribles» provenant de certains centres de détention, dont la prison de Mitigia. «La situation là-bas doit être traitée en urgence, tout comme dans d’autres centres où les abus sont endémiques », a-t-il dit.

Selon le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, « des milliers de personnes sont détenues arbitrairement à travers le pays, dont certaines depuis la guerre de 2011. Nombre d’entre elles ont été soumises à la torture et à de mauvais traitements ».

Alors que « la situation des droits de l’homme en Libye continue à être marquée par de nombreux abus et violations perpétrés par toutes les parties au conflit en toute impunité », Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé le gouvernement, « confronté à de nombreux défis », « à mettre fin à la pratique des détentions arbitraires et à s’assurer que les auteurs d’abus contre les migrants dans les centres de détention rendent des comptes ».

Il a salué les engagements à lutter contre les abus pris par les autorités libyennes, au premier rang desquelles le Premier ministre Fayez Serraj et les ministres de l’Intérieur et de la Justice.

Le haut-commissaire a indiqué aussi avoir rencontré des groupes de la société civile et des associations de défense des droits des femmes. Il a aussi visité les principales prisons du pays et des camps de déplacés durant sa visite d’une journée mardi.

La Libye est déchirée entre pouvoirs politiques rivaux depuis la chute de la dictature de Mouammar Kadhafi en 2011. Le pays est aussi devenu la principale porte de sortie des migrants africains essayant de gagner l’Europe en traversant la Méditerranée, mais nombreux sont ceux qui sont détenus dans le pays dans de terribles conditions.

Fin 2016, l’émissaire de l’ONU en Libye Martin Koblera estimé que 27% des migrants souffrent de malnutrition et de maladies dans ces centres « sévèrement surpeuplés et en manque de nourriture ».

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