Les accusés dans le procès des disparus de Novotel écopent de 6 à 20 ans de prison

La cour d’assises du tribunal de Yopougon, près d’Abidjan, a condamné ce jeudi, six des dix accusés à de lourdes peines de 6 à 20 ans de prison ferme dans l’affaire des « Disparus du Novotel », dont le général Brunot Dogbo Blé, ancien chef de la Garde Républicaine ivoirienne.

Un seul de ses coaccusés a écopé de 20 ans de prison, et 4 autres ont été acquittés par la cour qui a aussi prononcé la destitution militaire pour le général Dogbo Blé et deux de ses collaborateurs.

Le 4 avril 2011, en plein combats dans la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, un commando venu de la présidence, avait fait irruption dans l’hôtel Novotel d’Abidjan, s’emparant de quatre personnes étrangères, dont deux Français.

Selon l’accusation, qui parle « d’actes de barbarie », les quatre hommes avaient été conduits au palais présidentiel pour y être « torturés, sauvagement battus avant d’être tués ».

Après six heures de délibération, la Cour, qui a requalifié l’assassinat en meurtre, a infligé 18 ans de prison au général Brunot Dogbo Blé et à ses deux adjoints, les colonels Jean Aby et Leopold Okou Mody.

Présenté par l’accusation comme celui ayant achevé l’un des deux Français enlevés, le commissaire Osée Loguey a, lui, écopé de 20 ans de prison tandis que deux autres membres du commando, Henri Guehi Bleka, dit « le Rougeaud », et Yoro Tapeko ont respectivement écopé de 10 et 6 ans de prison.

« Le verdict correspond exactement à ce que nous souhaitions : la chaîne de commandement a été reconnue responsable, condamnée et destituée de ses grades, galons et étoiles», a déclaré Me Pierre-Olivier Sur, avocat français des familles des victimes, précisant que «pour les victimes, c’est un apaisement, c’est une pierre tombale qu’elles n’avaient pas jusqu’à présent ».

Pour la défense des accusés, le procès, qui a duré deux mois, n’a toutefois pas éclairé de nombreuses zones d’ombre dans ces événements.

« Je n’arrive pas à digérer cette condamnation. C’est une décision forcée qui n’a rien à voir avec le droit. Quelles preuves a-t-on apporté ? Si Dogbo Blé n’a pas tué, n’a pas enlevé, on le condamne à 18 ans de prison pour quoi ? », a affirmé à la presse l’avocat du général, Me Mathurin Dirabou.

Le général, un des hommes clé du régime de Laurent Gbagbo, avait déjà été condamné à la prison à vie dans le cadre de l’assassinat de l’ancien président Robert Gueï et à 20 ans pour atteinte à la sureté de l’Etat dans le premier procès de Simone Gbagbo, l’ancienne première Dame de Côte d’Ivoire.

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