La malnutrition des enfants met en péril l’avenir de Madagascar

malnutrition-madagascarA Madagascar, la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, ce qui constitue une véritable bombe à retardement à la fois pour ces gamins dont le développement intellectuel est compromis, mais aussi pour l’économie et l’avenir de ce pays pauvre de l’océan Indien.

Les dégâts de la malnutrition sur le développement du cerveau de l’enfant seront «irréversibles», prévient le docteur Siméon Nanama, responsable de la nutrition pour l’Unicef à Madagascar.

Madagascar est «le quatrième pays au monde avec la plus forte prévalence de la malnutrition chronique», qui se détecte en comparant la taille et l’âge de l’enfant, a révélé Siméon Nanama.

Selon lui « environ 2 millions d’enfants malgaches sont affectés » par cette forme de malnutrition qui se développe lentement, en l’absence d’alimentation équilibrée.

Les conséquences à l’échelle du pays sont gigantesques et dramatiques pour les enfants. Car faute d’avoir été pris en charge pendant les deux premières années de leur vie, « la moitié des enfants ne vont pas pouvoir bien étudier et produire convenablement pour le pays », s’inquiète Holy Raobelina, la coordinatrice de l’Office national de nutrition à Madagascar, l’organisation gouvernementale chargée de la lutte contre la malnutrition.

Une étude de l’Unicef révèle que Madagascar perd chaque année, en terme de productivité économique, «700 millions de dollars à cause de la malnutrition», affirme le Dr Siméon Nanama.

Pour l’Unicef, le problème pourrait être réglé en dix ans, à condition de débloquer 400 millions de dollars, destinée notamment à fournir des suppléments alimentaires aux enfants malnutris, mais aussi pour sensibiliser la population, surtout les mères, à la nécessité de diversifier l’alimentation.

Le problème de la malnutrition chronique à Madagascar réside dans la trop grande dépendance de la population vis-à-vis du riz, selon plusieurs experts.

« L’ambition d’une mère malgache, c’est de faire de son enfant un grand mangeur de riz, alors que le riz est la plus pauvre des céréales », constate Mieja Vola Rakotonarivo, directrice de Nutrizaza, une entreprise malgache spécialisée dans la fabrication d’aliments à bas prix pour bébé.

Devant l’ampleur de la tâche, le gouvernement planche sur une nouvelle politique nationale de nutrition.

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