Sénégal : La justice française refuse à nouveau la saisie des biens de Karim Wade

La Cour d’appel de Paris a confirmé mercredi le jugement rendu en première instance en septembre 2016, qui rejetait la demande formulée par le parquet national financier français concernant la saisie des biens de Karim Wade, le fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade (2000-2012).

Karim wade avait été condamné le 23 mars 2015 au Sénégal à six ans de prison ferme et à plus de 210 millions d’euros d’amende pour «enrichissement illicite» et à la confiscation de tous ses biens.

Faisant suite à une demande d’entraide pénale internationale formulée en 2015 par l’État du Sénégal, le parquet national financier français avait sollicité la confiscation de plusieurs biens appartenant à Wade et à son co-accusé Ibrahim Aboukhalil dit Bibo Bourgi.

Pour Karim Wade les biens visés sont un appartement sis rue de la Faisanderie, dans le XVIe arrondissement de Paris, ainsi qu’un compte bancaire domicilié à l’agence Paris-Madeleine de la Société générale (au solde de 48.000 euros).

Le magistrat de la Cour d’appel de Paris a confirmé intégralement le jugement rendu le 26 septembre 2016 par le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, en considérant que l’enrichissement reproché à Karim Wade, n’avait pas d’équivalent dans le droit français.

Du côté d’Ibrahim Aboukhalil, considéré par la justice sénégalaise comme le principal prête-nom de Karim Wade, le parquet avait sollicité la confiscation de son appartement rue Émile-Ménier, dans le XVIe arrondissement de Paris, détenu par une SCI parisienne, elle-même propriété d’une société basée au Luxembourg.

«Le tribunal n’a pas cédé aux différentes tentatives d’instrumentalisation de cette affaire aux résonances très politiques. Car il s’agit bel et bien d’un règlement de comptes politique», s’est réjouit Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Bibo Bourgi.

Agé de 49 ans, Karim Wade vit actuellement en exil et souhaite être candidat à l’élection présidentielle de 2019 au Sénégal. Ses partisans imputent des déboires au président Macky Sall, qui selon eux, utilise la lutte contre l’enrichissement illicite, pour éliminer ses adversaires politiques.

Comme l’État du Sénégal n’est pas partie-prenante à la procédure judiciaire engagée en France, la décision d’un éventuel pourvoi en cassation appartient uniquement au parquet.

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