Les autorités éthiopiennes renoncent au plan d’urbanisme de la capitale

addis-abebaAprès deux mois de manifestations contre le plan d’urbanisme de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, les autorités éthiopiennes ont décidé de renoncer au projet.

« Le parti OPDO, qui dirige la région Oromia, a décidé d’abandonner le projet », a déclaré le ministre éthiopien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Getachew Reda qui a démenti que le plan initial d’urbanisation d’Addis-Abeba s’étendrait à la région Oromia.

L’Organisation démocratique du Peuple oromo (OPDO), membre de la coalition du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), au pouvoir depuis 1991 en Ethiopie, « a décidé l’arrêt du projet » vivement contesté par les habitants d’Addis-Abeba.

Début janvier, l’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) a accusé la police d’avoir tiré sur des manifestants « généralement pacifiques » et d’avoir tué au moins 140 personnes. Mais le bilan officiel du gouvernement éthiopien est de cinq morts.

Les manifestations contre le gouvernement sont rares en Ethiopie où l’opposition est sans moyens et où l’EPRDF, qui monopolise avec de petites formations alliées tous les sièges à l’Assemblée nationale, est accusé d’étouffer toute contestation.

Le plan d’urbanisme avait suscité des craintes d’expropriation de fermiers oromo, le plus important groupe ethnique du pays, de leurs terres et avait déclenché en novembre 2015, à l’initiative d’étudiants, des manifestations violemment réprimées notamment dans la région Oromia.

Forte de 27 millions d’habitants, l’Oromia entoure Addis Abeba et s’étend sur de larges parties de l’ouest, du centre, de l’est et du sud du pays. La région possède sa propre langue, l’oromo qui est distincte de l’amharique, la langue du peuple amhara et de l’administration.

Amnesty International avait accusé en octobre dernier les autorités éthiopiennes d’abus systématiques, d’arrestations arbitraires, de détentions illégales, torture, exécutions extra-judiciaires, contre les Oromo, considérés comme hostiles au gouvernement.

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