Caucus africain : les flux illicites en Afrique estimés à plusieurs milliards, selon Thabo Mbeki.

Thabo-MbekiL’ex président sud-africain Thabo Mbeki a estimé à plus de 50 milliards de dollars US (25.000 milliards de FCFA) de perte par an du fait des flux financiers illicites. C’était à l’occasion de la réunion du Groupe de gouverneurs africains de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, dénommée « Caucus africain ».

« L’Afrique se heurte au grand problème des transferts illicites d’importants volumes de capitaux hors du continent, dont ce dernier a tant besoin pour faire face aux défis du développement. En tant qu’Africains, nous nous devons d’agir de façon concertée afin de garantir que le reste du monde où atterrissent ces sorties illicites aide à mettre un terme à cette saignée de ressources », a plaidé Thabo Mbeki, responsable du Groupe de haut niveau sur les flux financiers Illicites d’Afrique, un groupe créé par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et l’Union africaine (UA).

Dans un rapport qui porte son nom (Rapport Mbeki), un travail qualifié de remarquable et qui mesure l’ampleur du phénomène sur le continent africain, signale-t-on.

L’ancien président sud africain a affirmé qu’il est possible de mettre un terme à ce fléau en mettant en place un suivi approprié des transactions des grandes sociétés commerciales. Et ce, grâce à l’intervention d’institutions telles que les autorités fiscales, les douanes, les banques centrales, les unités d’informations financières et de lutte contre le blanchiment de capitaux, les autorités d’audit, ainsi que les autorités anti-corruption comme la police.

Pour Thabo Mbeki, une législation appropriée s’impose afin d’ attribuer les mandats nécessaires à ces institutions, pour qu’elles puissent aider à la lutte contre la sortie illicite de capitaux et que les pays puissent également coopérer au niveau régional, dans la mesure où certaines de ces sorties passent à travers des frontières communes.

« Ces sorties illicites de capitaux significatifs privent les États d’importantes recettes dont ils auraient besoin pour faire face au développement », a-t-il indiqué.

Thabo Mbeki affirme dans ce rapport qu’il est impératif d’œuvrer dans le cadre des processus des Nations Unies pour éviter une approche fragmentée du problème et mettre en place la surveillance d’une institution sous la tutelle de l’ONU. Cela permettrait de mettre fin à ces transferts illicites.

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