Lac Kivu : la frontière naturelle du contraste

Le lac Kivu, un des plus grands d’Afrique, se situe entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda. Depuis quelques années, cette étendue d’eau a pris une importance particulière de par la découverte de ses importantes ressources en gaz naturel. En effet, le lac Kivu est un véritable gisement de méthane avec environs 300 millions de mètres cubes en réserves dans ses profondeurs. Cette manne a bien sûr alerté les deux pays qu’elle sépare. Ceux-ci, transcendant toutes les difficultés diplomatiques qu’ils ont connues, se sont associés, en 2007, pour étudier la faisabilité de l’exploitation commune du gaz en vue de produire de l’énergie électrique.

Récemment, les experts de la RDC et du Rwanda se sont retrouvés lors d’un atelier dans la ville de Gisenyi (Rwanda) portant sur la surveillance et le développement des ressources en gaz du lac Kivu. Amère constat du côté du plus grand pays d’Afrique Centrale : la RDC tarde encore à tirer profit du méthane de sa frontière naturelle. Pourtant, selon les études déjà effectuées, le méthane pourrait permettre de fournir l’électricité à 2 millions de riverains congolais comme rwandais et ce, pendant cinq décennies au moins.

Loin d’être nonchalant comme leurs voisins, les rwandais, quant à eux, ont entamé, depuis 2 ans, des tractations afin de transformer le méthane en électricité. Ainsi, le gouvernement rwandais a signé, en 2009, un contrat de 325 millions de dollars américains avec les américains de Contour Global Kivuwatt pour un projet visant à fournir 100 MW d’énergie électrique d’origine gazeuse au Rwanda. Malheureusement, cet accord pourrait être bientôt revu car la partie américaine traine un peu les pieds dans la concrétisation de son engagement. Néanmoins, l’effort du Rwanda est déjà louable.

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