Burundi : Le PE accusé d’ingérence dans les affaires judicaires du pays

Le Cndd-FDD, parti au pouvoir au Burundi, a accusé samedi le Parlement européen(PE) d’ « ingérence » dans le système judiciaire burundais, suite à sa demande aux autorités de ce pays de libérer un militant des droits de l’Homme, incarcéré depuis de longs mois.

Nyabenda
Dans une résolution adoptée jeudi dernier, le PE a demandé au gouvernement burundais la libération de Pierre-Claver Mbonimpa, président de l’Association pour la protection des personnes détenues et des droits Humains (Aprodeh). Ce défenseur des droits humains a été emprisonné en mai dernier pour « atteinte à la sûreté d’Etat ». Alors que son procès, ouvert en juillet, est toujours en cours, M. Mbonimpa demeure en détention, en dépit de son mauvais état de santé. Selon ses avocats, « il souffre en effet d’hypertension et de diabète ». Le mois dernier, il a été également transféré dans un hôpital de Bujumbura, après avoir contracté le paludisme dans sa cellule.

Pour le président du Cndd-FDD, Pascal Nyabenda, la requête du Parlement européen constitue une « ingérence dans les affaires de la justice ». Il estime en effet que « dans une démocratie, le pouvoir judiciaire devrait être indépendant ».

Les députés européens ont en outre demandé au gouvernement burundais de contrôler les militants de l’aile jeunesse du parti au pouvoir, soupçonnés de mener des attaques contre les opposants. Une demande qui, selon M. Nyabenda, n’a pas lieu d’être, car étant fondée sur des informations qui ne sont pas d’actualité. Aussi, a-t-il demandé au PE de ne pas mettre à exécution ses menaces de sanctions économiques.

Pour rappel, l’Union Européenne représente le premier fournisseur d’aide au développement pour le Burundi, qui figure parmi les cinq pays les plus pauvres de la planète. Il s’apprête à abriter en 2015 des élections générales cruciales pour sa stabilité politique.

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