Sud-Soudan : Après l’auto-détermination viennent d’innombrables questions

Selon les résultats provisoires du référendum publiés dimanche dernier à Juba, les sud-soudanais ont voté à 99,57 % pour la séparation avec le Nord-Soudan. Cette sécession ne sera effective qu’à la fin du mois de juillet prochain, date de la fin de l’accord de paix globale. Un délai qui semble très bref pour répondre aux multiples interrogations auxquelles le nouvel état sera incessamment confronté.
La principale d’entre elles concerne, sans aucun doute, la gestion des ressources naturelles. Les sud-soudanais semblent les mieux lotis car ils ont hérité de 80 % des réserves pétrolières, de l’or noir qui soutiendra 98 % de leur économie. Mais, ce monopole constitue un danger en cas de crise. A cela s’ajoute les contraintes liées à l’enclavement géographique. Le Sud-Soudan devra composer avec le Nord-Soudan, qui, en plus des pipelines, dispose des côtes. En outre, une telle manne énergétique fera sûrement du jeune pays l’objet de toutes les convoitises avec tout ce que cela peut entraîner (corruption, détournements de fonds, mauvaise gouvernance,…).
En dehors des inquiétudes liées au pétrole, des questions d’ordre social se posent également. Les sud-soudanais qui résidaient au Nord désirant retourner sur leur terre d’origine constituent un casse-tête en puissance. En fait, selon la constitution du Sud-Soudan, ils ont le droit de récupérer leurs domiciles. Mais, ceux-ci ont, pour la plupart, été occupés, en temps de guerre, par d’autres réfugiés. Et puis, à cause du conflit armé, les affaires foncières auront du mal à retrouver les titres de propriété.
Par ailleurs, le Sud-Soudan doit également faire face aux défis de la construction d’infrastructures, notamment pour instruire sa population majoritairement analphabète et afin de répondre aux besoins sanitaires les plus primaires. Tant de questions qui méritent un travail de fond de la part des autorités sud-soudanaises.

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