Niger : Manifestation contre Areva

areva.niger_Une manifestation contre Areva initiée par le Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB) a rassemblé samedi dernier à Niamey des centaines de personnes. Celles-ci dénonçaient le « partenariat déséquilibré » qui lie l’Etat au groupe nucléaire français.

Décidément, les affaires d’Areva au Niger ne ressemblent plus au cours d’un long fleuve tranquille. Le siège de la compagnie tricolore était le point de chute de la marche entreprise par les manifestants après qu’ils ont protesté devant le Parlement nigérien. Les slogans scandés disaient tout sur cette contestation : « Les ressources minières appartiennent au peuple ». Ou « Areva dégage » ou encore « A bas la France », pouvait-on entendre. Heureusement pour les locaux d’Areva, la police locale a pu empêcher cette marée humaine d’atteindre son but en dressant un barrage. Cela n’a tout de même pas empêché les organisateurs de la manifestation de s’exprimer.

Ainsi, le coordinateur du ROTAB, Ali Idrissa, s’est appuyé sur des chiffres dans son argumentation. «En France, 35 ampoules électriques sur 100 sont allumées grâce à notre uranium, pendant que le Niger s’éclaire au bois de chauffe », a-t-il déclaré. Et de rappeler que la source d’énergie représente 70 % des exportations du Niger ; pourtant, ce commerce ne contribue qu’à hauteur de 5 % au PIB de ce pays.

Ce n’est  pas par hasard que la société civile multiplie les manifestations ces derniers temps. En effet, le gouvernement nigérien et Areva sont en pleines négociations en vue du renouvellement du contrat les liant. L’actuel engagement arrive à échéance le 31 décembre prochain.

Pour l’heure, ces discussions sont de plus en plus plus tendues. Pour cause, la compagnie française s’oppose à l’application de la nouvelle convention minière du Niger, promulguée en 2006 à ses succursales. A la place, Areva souhaiterait le maintien des dispositions d’un titre minier cédé en 1968, avec des clauses de stabilité de … 75 ans. Autrement dit, l’Etat nigérien ne pourra en changer les termes qu’en 2043. Dans ces conditions, c’est normal qu’il y ait blocage.

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