Côte d’ivoire : le bilan de la crise ne fait que s’alourdir

Au moins 4 ivoiriens de plus sont tombés ce mardi à Abobo. Les habitants de ce quartier d’Abidjan, un des fiefs d’Alassane Ouattara, se faisaient réveiller en sursaut mardi très tôt matin (6h30 – heure locale) par des « corps habillés » – une expression locale qui désigne tout homme en uniforme – sous prétexte d’une perquisition. Selon certaines sources, cette opération, menée par les troupes fidèles au président sortant ivoirien, avait pour but de prévenir d’éventuelles tensions lors du meeting de Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse du gouvernement Gbagbo, rassemblement prévu dans l’après-midi à Abobo sur un terrain vague surnommé « le parlement ».

Deux heures après le début des fouilles, des crépitements de balles étaient déjà perceptibles dans un Abobo résistant courageusement à cette violation de territoire et ce, jusqu’au départ des forces de l’ordre peu après  la mi-journée. L’heure des constats avait alors sonné : au moins deux à quatre civils ont été tués durant ces heurts. Quant au camp Gbagbo, il déplorait, en fin de journée, la mort de deux éléments de forces loyalistes, « tués par balles », portant le total des victimes de 4 à 6. Avec cette addition qui devient de plus en plus salée, l’ONU ne parle plus de 200 morts depuis la mi-décembre mais plutôt de plus de 210 morts.

La crise ivoirienne devient un véritable casse-tête, d’abord pour l’Afrique de l’Ouest, ensuite, pour tout le continent et, enfin, pour le monde entier. Aucune solution n’a pu satisfaire les deux parties. La dernière en date, la proposition de gouvernement d’union nationale évoquée par Youssouf Bamba le lundi, a d’ores et déjà été refusée par les collaborateurs de Laurent Gbagbo. Devant cette impasse, Raila Odinga, premier ministre kényan et médiateur mandaté par l’Union africaine est attendu à Abidjan « jeudi ou vendredi »pour la deuxième fois depuis le début de ce conflit post-électoral. On verra bien ce que ça donnera cette fois-ci.

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