Afrique ne rime pas avec recherche scientifique

Même si on n’entend pas trop parler d’elle, l’Afrique est belle et bien présente dans le domaine de la recherche scientifique. Au cours du mois de décembre dernier était publiée par les revues scientifiques Science et BioMed Central une étude de l’ONG canadienne Mc Laughlin-Rotman Centre, véritable clé permettant l’accès à 25 laboratoires de santé du continent noir. Après cette visite, il ressort que ces structures de recherche font souvent preuve d’ingéniosité mais, malheureusement, celle-ci ne récolte pas juste récompense faute de moyens de vulgarisation. A titre d’illustration, des technologies innovantes comme l’incinérateur portable, invention issue de l’Université de Makerere en Ouganda reconnue par l’OMS et très pratique dans les milieux ruraux notamment lors de campagnes de vaccination, ou le kit mobile de diagnostic de la bilharziose, fruit du travail de l’Institut de Recherche Médicale Noguchi au Ghana, n’ont pas franchi les portes des laboratoires faute d’investissement financier en vue d’assurer leur production industrielle et, ensuite, de leur commercialisation. Un manque criant de volonté politique, manifeste également par une moyenne de 0,2 à 0,3% d’allocation budgétaire nationale aux activités de recherche scientifique en Afrique, soit dix fois moins que dans les pays développés.

Comme si les problèmes d’argent ne suffisaient pas, ceux liés à l’absence de contacts et de compétences viennent s’y greffer, s’érigeant ainsi en véritable barrière à l’homologation, l’industrialisation et la vente de ces inventions. Au Nigéria par exemple, le Niprisan, un traitement non toxique contre la drépanocytose mis au point par l’Institut National pour la Recherche Pharmaceutique et le Développement et homologué par la Food and Drug Administration (organisme américain d’expertise en contrôles alimentaires et pharmaceutiques), n’a pu être commercialisé rien qu’à cause de difficultés dans sa production, son contrôle qualité et sa distribution.

De ce qui précède, il n’est pas étonnant que l’Afrique reste la lanterne rouge mondiale de la recherche et développement. Le plus frappant, c’est qu’il s’agit ici d’une description concernant un secteur primordial, à savoir celui de la santé. Quel serait alors l’état des lieux des autres, entre ceux considérés comme accessoires ? Sérieux motifs d’inquiétudes.

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