Wikileaks : Bongo a bon dos

Une tornade médiatique a été déclenchée aujourd’hui dans l’hexagone avec la divulgation de documents diplomatiques  américains révélés par Wikileaks via le journal espagnol El Pais , selon lesquels l’ancien président gabonais Omar Bongo aurait financé des partis politiques français, dont l’UMP du Président Nicolas Sarkozy. Si les propos sont, pour l’essentiel, issus de conversations rapportées par l’ambassade américaine au Cameroun, citant un haut responsable de la BEAC (Banque des Etats d’ Afrique Centrale), il semblerait que l’affaire soit assez crédible pour que l’ensemble de la classe politique française s’en émeuve. En effet, ces révélations selon lesquelles près de 36 millions d’euros auraient été détournées de la BEAC afin de se transformer en « dons » aux partis politiques français mettent à jour un système détestable, celui de la « Françafrique » (ou France-à-fric ?), qui sévit depuis le début des années 60, gravitant autour de Jacques Foccart. Les « dons » supposés de Bongo aux politiciens français mettent également en lumière un double discours structurel de la France, qui réclame d’un côté que les gouvernements africains « s’ouvrent à la démocratie », tout en acceptant des dirigeants du continent des prébendes en liquide pour financer ses élections. Que faut-il donc penser de ces révélations ? Sommes-nous ici en présence d’un système élaboré et structuré qui perdure, ou de « dons » sporadiques qui auraient été effectués seulement par Omar Bongo ? Selon toute vraisemblance, la question du financement de la vie politique française sera à nouveau au centre des débats durant les semaines à venir.

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