Transition en Libye: le Premier ministre désigné remet au Parlement la liste de son Cabinet

Le Premier ministre libyen par intérim, Abdel Hamid Dbeibah, a annoncé jeudi avoir remis la liste des membres de son Gouvernement au Parlement élu, en vue d’un vote de confiance des députés lundi.

«Conformément à la feuille de route de l’accord politique», Dbeibah a «remis à la présidence du Parlement élu ses propositions pour les portefeuilles ministériels», a indiqué son cabinet, qui n’a pas rendu publique la liste.

Une réunion de la Chambre des représentants consacrée au vote de confiance est prévue lundi prochain à Syrte. M. Dbeibah, un milliardaire originaire de Misrata dans l’Ouest, a été désigné Premier ministre intérimaire le 5 février par 75 délégués libyens de tous bords réunis à Genève sous l’égide de l’ONU, en même temps qu’un Conseil présidentiel de trois membres présidé par Mohamed Al-Manfi, originaire de l’Est.

Mais les autorités intérimaires libyennes ont appelé mardi un groupe d’experts de l’ONU à rendre public son rapport encore confidentiel sur des allégations de corruption et d’achat de voix durant le dialogue politique inter-libyen.

Au moins trois membres du Forum du dialogue politique libyen ont reçu entre 150.000 et 200.000 dollars de pots-de-vin pour élire Abdel Hamid Dbeibah comme Premier ministre, selon un extrait du rapport rédigé par le panel d’experts de l’ONU sur la Libye.

Mardi, la Mission des Nations unies (Manul) en Libye a réagi aux allégations de corruption en rappelant que le Comité d’experts était «totalement indépendant» d’elle, en déclarant «ne pas être en mesure de les commenter».

Selon la feuille de route du processus onusien ayant permis sa désignation, M. Dbeibah a jusqu’au 19 mars pour gagner la confiance d’un Parlement profondément divisé.

Son gouvernement, s’il parvient à le former, aura pour tâche d’unifier les institutions d’un pays miné par les divisions depuis l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011, et mener la transition jusqu’aux élections prévues le 24 décembre.

Le futur exécutif est censé remplacer aussi bien le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, installé en 2016 à Tripoli et reconnu par l’ONU, que les autorités rivales basées dans l’Est. Mis en place en vertu d’un précédent processus inter-libyen au Maroc, le GNA n’a jamais réussi à obtenir la confiance du Parlement élu.

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