Publié Le : ven, Nov 20th, 2020

Guinée: Les avocats de cinq opposants écroués, dénoncent des dossiers irréguliers et vides

Les avocats de cinq opposants guinéens arrêtés il y a une semaine ont dénoncé jeudi, l’absence d’éléments à charge mettant en cause leurs clients dans les violences durant la récente élection présidentielle, ainsi que de nombreuses irrégularités dans les procédures à leur encontre.

 La justice guinéenne a écroué il y a quelques jours, les opposants Ibrahima Chérif Bah, Cellou Baldé, Ousmane Gaoual Diallo, Abdoulaye Bah et Etienne Soropogui, dans le cadre d’investigations sur les violences commises lors de la présidentielle du 18 octobre.

Les cinq prévenus ont été inculpés pour fabrication, détention et usage d’armes de guerre et légères, et d’atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, selon leurs avocats.

Les quatre premiers opposants sont des cadres de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo, le principal rival du président sortant Alpha Condé et Etienne Soropogui est une figure de l’opposition qui avait appelé à voter pour Diallo.

Leurs avocats ont accusé jeudi les policiers d’avoir fait poser les opposants individuellement avec une ardoise portant leur nom et le mot «complot», avant de les présenter à un juge.

Dans un communiqué lu devant la presse, leurs avocats ont relevé l’absence d’éléments à charge, fustigeant une «démarche qui consiste à interpeller d’abord et inventer les infractions par la suite». Aucune arme ni munition n’a été présentée à leurs clients lors de leurs interrogatoires, ont-ils dit.

La candidature du président sortant Alpha Condé à un troisième mandat a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et des violences ayant fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l’élection.

Dans un rapport publié jeudi, Human Rights Watch, se fondant sur des entretiens avec 70 personnes, dont 32 victimes et témoins des violences postélectorales, a accusé les forces de sécurité d’avoir «recouru à une force excessive» contre les manifestations de l’opposition dans la capitale.

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