Attentat de Marrakech : L’implication d’Al-Qaïda n’est pas exclue

Aucune piste n’est exclue au stade actuel de l’enquête sur l’attentat meurtrier commis jeudi 28 avril contre un restaurant très fréquenté par les touristes au centre-ville de Marrakech. S’appuyant sur les premiers indices recueillis dans le café-restaurant «Argana» place Jamâa El-Fna, les enquêteurs marocains épaulés privilégient une piste conduisant directement à la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi).

Dans une vidéo diffusée la semaine dernière sur YouTube, des hommes se présentant comme des marocains membres d’Aqmi basés en Algérie, ont menacé de s’attaquer aux intérêts marocains pour se venger contre la détention de militants islamistes dans la prison de Salé, près de Rabat, capitale du Royaume.

En choisissant de frapper au cœur de la ville de Marrakech, un fleuron du tourisme au Maroc, et dans un lieu très fréquenté par les touristes étrangers, les terroristes, auteurs et commanditaires de l’attentat, chercheraient à revenir sur une scène régionale dont ils ont été éclipsés par les révoltes arabes.

Le réseau Al-Qaïda a toujours fait des lieux touristiques très fréquentés par des occidentaux, l’une de ses cibles préférées, le but étant de s’assurer un impact médiatique très fort. En plus, dans ces lieux, les kamikazes peuvent se faufiler parmi la foule sans se faire remarquer.
Il s’agit des violences les plus meurtrières que connait le Royaume chérifien depuis les attentats de Casablanca menés par des extrémistes islamistes, le 16 mai 2003. Un attentat qui avait fait 45 morts, dont 12 kamikazes.
Les enquêteurs n’excluent pas pour autant d’autres pistes et sont à pied d’œuvre pour jeter plus de lumière sur les zones d’ombre de l’attentat meurtrier qui a fait une quinzaine de morts et une vingtaine de blessés dans certains grièvement atteints.
Pour les observateurs marocains et étrangers, les pouvoirs publics se doivent d’éviter à tout prix de tomber dans le piège des terroristes qui chercheraient à déstabiliser le pays au moment où ce dernier s’est engagé de manière irréversible, sur la voie de la démocratie. Le 9 mars dernier, le Roi Mohammed VI a annoncé d’importantes réformes politiques et démocratiques favorablement accueillies par la société civile avec ses composantes politique et syndicale. Une grande révolution qui se fait en douceur contrairement à d’autres pays arabes où le dialogue à cédé la place à de sanglants affrontements armés. Les limiers de la police judicaire en collaboration avec les autres services de sécurité, ne tarderont pas à élucider les circonstances de ce lâche attentat, surtout que le Roi Mohammed VI a ordonné une enquête rapide et transparente.

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