Le nouveau Premier ministre guinéen Ibrahima Fofana face à de grands défis

Cinq jours après la démission du Premier ministre guinéen Mamadi Youla et de son gouvernement, le président Alpha Condé a nommé l’économiste Ibrahima Kassory Fofana au poste de Premier ministre et l’a chargé de former un nouveau gouvernement.

«Le président de la république, le professeur Alpha Condé, a signé lundi soir un décret portant nomination de M. Ibrahima Kassory Fofana (64 ans) en qualité de Premier ministre, chef du gouvernement », selon les termes du décret.

Cet ancien ministre chargé des investissements et des partenariats publics-privés dans le gouvernement sortant, doit désormais « proposer un nouveau gouvernement dans les meilleurs délais », selon la même source.

Fofana était un adversaire tenace d’Alpha Condé, opposant historique en Guinée, sous le régime du général Lansana Conté (1984-2008), dont il était très proche. Vendredi dernier, il a signé une alliance «absorption» entre son parti et celui du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) au pouvoir et demandé à ses militants et responsables à tous les niveaux d’adhérer sans condition au RPG. Sa nomination intervient après une série de grèves et de manifestations, dont certaines meurtrières.

Les syndicats d’enseignants ont organisé des semaines de manifestations pour réclamer des augmentations de salaires avant d’obtenir plus tard un accord avec le gouvernement.

Aussi, l’opposition conteste toujours la victoire du parti au pouvoir (RPG) aux élections locales du 4 février, face à l’UFDG de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé.

Après une intervention des ambassadeurs notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont proposé une médiation selon M. Diallo, l’opposition a annoncé une nouvelle « suspension » de ses manifestations, tout en confirmant son boycott du «dialogue inter-guinéen» sur le contentieux électoral.

La tache de nouvelle équipe gouvernementale s’annonce donc ardue. Le nouveau premier ministre devra donc relancer le «dialogue inter-guinéen» pour calmer les manifestations politiques.

Selon l’opposition et les comptages de la presse et des ONG de défense des droits l’homme, 94 opposants ont été tués en Guinée, en majorité par balle, au cours de manifestations politiques depuis avril 2011.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.