Mugabé limoge son vice-président Emmerson Mnangagwa à l’approche des élections de 2018

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe a limogé ce lundi, son vice-président Emmerson Mnangagwa, considéré comme l’un de ses successeurs potentiels lors des présidentiels du début de 2018, a annoncé le ministre de l’Information, Simon Khaya Moyo.

Simon Khaya Moyo a fait savoir lundi à la presse à Harare que « son excellence le président camarade Mugabe a exercé son pouvoir de relever, avec effet immédiat, l’honorable vice-président Mnangagwa de ses fonctions de vice-président de la République du Zimbabwe ».

Selon le ministre de l’Information, «il est devenu évident» que le «comportement» d’Emmerson Mnangagwa «dans l’exercice de ses fonctions est devenu incohérent avec ses responsabilités officielles».

En effet, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, surnommé ‘’ le crocodile », essuyait depuis des semaines les vives critiques de proches du président, dont la première dame Grace Mugabe, qui lui ont reproché de prétendre avoir été victime en août d’une tentative d’empoisonnement, avec en toile en fond, la bataille pour la succession de M. Mugabé.

Mme Mugabé a annoncé dimanche qu’elle était prête à succéder à son mari. « Je dis à M. Mugabe : vous devriez me laisser prendre votre place », a-t-elle lancé devant des milliers de personnes dans un stade de la capitale.

La première dame a aussi accusé Emmerson Mnangagwa d’avoir ourdi des complots, notamment un coup d’État au moment de l’indépendance. «En 1980, cette personne appelée Mnangagwa voulait faire un coup d’État, a-t-elle déclaré. Il voulait prendre le pouvoir du président. Il conspirait avec des Blancs».

Le parti au pouvoir la Zanu-PF, connaît de profondes divisions à propos de la succession de Robert Mugabe, qui a refusé de désigner un successeur. Le président a déjà annoncé qu’il briguerait un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle de 2018.

Les partisans du vice-président Emerson Mnangagwa accusent Mme Mugabé d’être à la base de ses soucis.

Ce dernier avait déjà perdu début octobre son portefeuille de ministre de la Justice. Mais il avait alors été maintenu à la vice-présidence, dont il occupait un des deux postes depuis 2014.

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