Publié Le : ven, Oct 27th, 2017

Le Burundi adopte un projet de révision constitutionnelle favorable au président Nkurunziza

L’opposition Burundaise s’est insurgée contre un projet de révision de la Constitution adopté en début de semaine par le gouvernement, qui prévoit que «le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable».

En cas de validation, ce texte pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza, qui avait laissé entendre en décembre 2016 qu’il pourrait se représenter en 2020, «si le peuple le demandait», d’assouvir ce désir, avec deux nouveaux mandats de sept ans.

Pierre Nkurunziza est au pouvoir depuis 2005 et a été réélu en juillet 2015 pour un troisième mandat controversé.

Le projet adopté par le gouvernement ne touche pas aux quotas de 60% de Hutu (ethnie majoritaire, 85% de la population), 40% de Tutsi (14%) et au moins 30% de femmes au gouvernement et au Parlement, ainsi que les 50-50, tel que prévu par  la Constitution du Burundi, issue de l’accord de paix signé en 2000 à Arusha, dans le nord de la Tanzanie. Mais il changerait toute de même en profondeur la Constitution du pays.

Cet accord, dont l’actuelle Constitution est l’émanation, dit clairement qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de 10 ans. Ce qui avait d’ailleurs été le cheval de bataille des opposants à la réélection du président Nkurunziza pour un troisième mandat en avril, objet de la crise actuelle qui a déjà fait plusieurs morts et de nombreux exilés depuis son déclenchement.

C’est donc sans surprise que le projet de loi a suscité de très vives critiques et inquiétudes chez l’opposition. Selon Me Armel Niyongere, l’une des principales figures de la société civile burundaise en exil, «Pierre Nkurunziza joue avec le feu. Cette révision pourrait causer une nouvelle période d’insécurité dans le pays et provoquer l’irréparable, c’est-à-dire une crise politique qui ne pourrait plus être résolue».

L’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine avaient déjà demandé au gouvernement burundais de ne pas toucher à la Constitution, pour ne pas envenimer la crise actuelle, qui a fait entre 500 et 2.000 morts selon les sources (ONU ou ONG).

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