La Tunisie organise le 17 décembre ses premières municipales de l’après-révolution

L’instance chargée des élections en Tunisie a annoncé ce lundi, que les premières élections municipales de l’après-révolution qui permettront de consolider la transition démocratique, auront lieu le 17 décembre 2017.

Chafik Sarsar, le président de l’instance électorale (Isie) a indiqué au cours d’une conférence de presse, que cette date officielle a été retenue au terme de concertations avec le gouvernement, les partis politiques et la société civile, tandis que certains partis réclamaient un report du scrutin à mars 2018. Ces élections concernent « 350 municipalités », sur la base d’un scrutin proportionnel à un tour.

Le 17 décembre 2010, marque en effet, le point de départ de la révolution tunisienne. Ce jour-là, Mohamed Bouazizi, un marchand ambulant de Sidi Bouzid (centre), s’immolait au feu en pleine place publique, déclenchant ainsi le soulèvement populaire qui fit chuter, un mois plus tard, le président Ben Ali.

Après l’adoption d’une Constitution et la tenue d’élections législatives et présidentielles en 2014, la tenue des municipales doit mettre fin à près de sept ans de gestion des villes tunisiennes par des «délégations spéciales», en charge de liquider les affaires courantes.

Le blocage du processus dû notamment aux tractations au Parlement autour de la nouvelle loi électorale, adoptée en janvier dernier, a contribué à la dégradation sensible du cadre de vie des Tunisiens (infrastructures déficientes, problèmes de ramassage des ordures etc…).

La nouvelle loi électorale autorise finalement le vote des forces de sécurité et de l’armée (soit quelque 130 000 personnes) aux élections municipales mais aussi régionales, un second scrutin local qui sera organisé ultérieurement.

L’enjeu de ces premières municipales depuis la chute du régime Ben Ali en janvier 2011 sera sans doutele taux de participation, car la jeunesse tunisienne, à l’origine de la révolution, continue de décrier le chômage et la misère, principalement dans les régions défavorisées de l’intérieur du pays.

Outre la mise à jour des registres, des campagnes de sensibilisation vont être organisées. Les inscriptions proprement dites débuteront à la mi-juin.

SelonL’Isie,5,4 millions de Tunisiens sont inscrits sur les listes, pour un corps électoral estimé à près de huit millions. La Tunisie compte environ 11 millions d’habitants.

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