Soudan du Sud: Le meurtre d’un journaliste attire les soupçons sur le régime de Juba

addis-abeba-accordPeter Moi, un journaliste sud-soudanais, a été abattu par des inconnus, dans ce qui semble à un assassinat ciblé, ont annoncé jeudi des confrères de la victime, précisant que son portefeuille et son téléphone portable n’ont pas été volés.

Reporter du quotidien indépendant New Nation, Moi a été abattu mercredi soir à Juba, après avoir quitté son travail. Un meurtre qui intervient quelques jours après que le président sud-soudanais, Salva Kiir eut publiquement menacé de tuer les journalistes travaillant contre le pays.

« La liberté de la presse ne signifie pas que vous pouvez travailler contre le pays », avait lancé Kiir à des journalistes à l’aéroport de Juba, où il embarquait à destination d’Addis Abeba pour d’ultimes pourparlers en vue de mettre fin à la guerre civile qui ravage le Soudan du Sud depuis 20 mois.

« Si certains d’entre vous (journalistes) ne savent pas que ce pays a déjà tué des gens, nous allons le démontrer un jour», avait menacé le chef de l’Etat dans des déclarations rapportées par le Comité de Protection des journalistes (CPJ).

Selon le CPJ, citant des journalistes locaux, ces menaces répondaient à des critiques sur le caractère stérile et interminable des négociations d’Addis Abeba.

La police n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat concernant ce meurtre.

Les organisations de défense de la liberté de la presse ont mis en garde à plusieurs reprises, contre le climat d’intimidation qui règne au Soudan du Sud et la volonté de tuer dans l’œuf tout débat sur les moyens de mettre fin à la guerre civile, marquée par de nombreux massacres et atrocités ayant fait des dizaines de milliers de morts et de déplacés.

Début août, les forces de sécurité avaient fait fermer deux journaux et une radio, auxquels ils reprochaient selon des journalistes, d’avoir fait campagne pour l’accord de paix, signé lundi à Addis Abeba par les rebelles, mais non paraphé par Kiir. Son gouvernement a depuis qualifié cet accord, de capitulation inacceptable.

Le plus jeune nation du monde, le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en juillet 2011, après plus de deux décennies de conflit contre Khartoum. Il a replongé dans la guerre depuis le 15 décembre 2013, quand des combats ont éclaté au sein de son armée, minée par des antagonismes politico-ethniques alimentés par la rivalité à la tête du régime entre le président Kiir et son ancien vice-président, Riek Machar.

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