Une usine de production d’engrais en projet au Cameroun

Le 17 janvier dernier, à l’ouverture du Comice agropastoral d’Ebolowa, le président camerounais Paul Biya promettait des « réponses urgentes et appropriées » aux besoins alimentaires des populations. Le lancement vendredi dernier d’un appel à manifestation d’intérêt de la part du gouvernement camerounais pour la sélection de partenaires stratégiques en vue de la construction et l’exploitation d’une usine de production d’engrais fait partie de ces réponses.
Cette initiative s’inscrit dans la nouvelle politique agricole dite de deuxième génération, politique pour laquelle le gouvernement entend mettre en œuvre un vaste programme d’accroissement de la production agricole pour répondre aux besoins alimentaires des populations et aux exigences d’une agriculture industrialisée. Elle répond également au PDAA (Programme détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine) qui prescrit la création d’une usine de production d’engrais dans chaque région en fonction des avantages comparatifs en termes de ressources naturelles disponibles.
Alors qu’il était autrefois considéré comme le grenier de l’Afrique centrale, le Cameroun importe aujourd’hui en masse des denrées alimentaires de pays très lointains tels que la Chine ou le Brésil. Selon la direction générale des douanes, les importations cumulées de denrées alimentaires sont passées entre 2004 et 2009 de 850 000 à 6 millions de tonnes. Et pendant la même période, les pertes en devises dues à ces achats sont, elles, passées de 349 millions de dollars US à plus de 3 milliards de dollars US. Le manque de matériel végétal et animal amélioré, la médiocre productivité des terres, l’ampleur des pertes post récoltes, l’enclavement des bassins de production, la longueur des procédures de paiement et l’inadéquation du système des marchés par rapport au calendrier agricole sont autant de difficultés auxquelles est confrontée l’agriculture camerounaise.

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