Crise bancaire ivoirienne : Attention au revers de la médaille !

La stratégie d’Alassane Ouattara semble marcher : asphyxier économiquement Laurent Gbagbo pour le contraindre à quitter son fauteuil. Etouffé, oui, Gbagbo l’est, et le pays entier, avec lui. En effet, lundi dernier, les filiales de deux banques, françaises et américaines, ont « provisoirement » mis la clé sous la porte. Il s’agit de la Citybank et de la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de Côte d’Ivoire (BICICI) du groupe BNP Paribas. Celle-ci, sur son site, explique sa fermeture par « la confusion juridique et réglementaire liée à la situation particulière du pays». Jean-François Fichaux, responsable de la Branche Afrique de BNP, renchérit en ces termes : « l’administration de Laurent Gbagbo a mis fin au système de compensation des chèques avec la Banque centrale de Dakar [la banque régionale]  et nous ne pouvions accepter le mécanisme que l’on nous proposait. Il n’était absolument pas comptable et raisonnable et nous avons refusé de travailler dans ces conditions là ».
Le gouvernement a vite réagi à ces fermetures. « Cette décision se situe dans le prolongement des manœuvres initiées pour punir le peuple ivoirien pour son soutien à la légalité constitutionnelle » déclarait, lundi soir, à la télévision publique, le ministre du budget, visant par là, la communauté internationale. Dans la foulée, le ministre de la justice a annoncé, le mardi, que les deux institutions financières seraient poursuivies en justice, leurs décisions étant illégales. Quant aux épargnants handicapés par cette situation, ils dénoncent « un geste criminel » pour certains, « une asphyxie financière » pour d’autres, sans s’en prendre à Gbagbo. Cela indique que la flamme nationaliste et contestataire est toujours ardente dans le cœur de ses partisans qui ne le tiennent pas pour responsable. Ce sentiment pourrait même pousser les ivoiriens à se venger sur les intérêts occidentaux qui subsistent dans leur pays. Ouattara attendra donc avant de crier victoire.

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